Le volontarisme peut jouer de mauvais tours, lorsqu’il vient d’en haut. Emmanuel Macron semble l’avoir compris en ce qui concerne les banlieues. Il faut que les efforts viennent du sein de la population entière, loin s’en faut que des milieux désavantagés. La première chose à faire est d’essayer de comprendre ce qu’on entend par le mot ghetto ? Il s’agit tout d’abord d’un réflexe qui consiste à pratiquer l’apartheid. Et là aussi il s’agit de différencier les causes. Il a pour but de maintenir sous cloche des habitants, avec qui on ne veut pas avoir à faire. Il s’agit de mettre dans une bergerie les brebis galeuses et ériger des barrières virtuelles, qui découlent de la situation matérielle et intellectuelle de personnes, avec lesquelles on ne veut pas être confronté directement. Il est évident que la peur de l’inconnu joue un rôle essentiel. Mais le ghetto peut aussi être un repli sur soi-même, peu importe que ce soient des pauvres ou des riches, des manuels ou des intellectuels. Des gens se mettent volontairement dans un vase-clos pour se démarquer des autres. Je pense aux quartiers de riches, où ces derniers se réfugient derrière des murs et des barbelés comme au Brésil par exemple. Des personnes vivant dans la peur constante d’être agressées. Il est évident qu’en « cultivant » le ghetto, peu importe d’où il vienne, il ne sera pas possible de faire des progrès en ce qui concerne le repli, quel que soit son origine. Il est évident que les causes de l’apartheid ne sont pas dues seulement à l’aspect matériel des personnes concernées. La conception de la famille, de l’éducation des enfants et évidemment, comment pourrait-il en être autrement, de la religion sont des éléments qui coupent des liens avec les autres compatriotes. Mais vouloir briser le communautarisme avec une massue, ne peut que mener à l’échec. Vient s’ajouter en ce qui concerne les banlieues l’aspect électoraliste qui a pour but de cultiver la peur. Tous les éléments que j’évoque ici sont les résultats d’un mal-être qui ne peut pas être résolus à coups de milliards.

Pour arriver à des progrès, il faut désenclaver les banlieues. Il s’agit de rapprocher les gens, de faire en sorte, qu’ils se connaissent mieux, de parler sans retenue du malaise qui les concerne. Partout où j’ai rencontré des initiatives allant dans ce sens, il y a eu amélioration. Le club de foot par exemple ou le gymnase de boxe sont des lieux, où des personnes de tout milieux se retrouvent, peu importe leur situation sociale, leur couleur de peau ou leur foi. Lorsqu’il y a un projet commun, il y a forcément ouverture, comme la sélection de l’équipe de France de football pour le Mondial en Russie le démontre. Didier Deschamps a sélectionné les joueurs qu’il trouvait les meilleurs. Seule leur maîtrise du ballon, leur compréhension tactique ont joué un rôle. Et quand les bleus gagnent, une nation toute entière applaudit, peu importe leur origine. Ce sont des Français et rien d’autre. En écrivant ces lignes je me rends compte que le challenge joue un rôle essentiel. Pourquoi ne pas cultiver encore plus cet aspect, de monter des projets communs, où seul le résultat compte. C’est plus facile à dire qu’à réaliser, mais je ne vois pas d’autres moyens pour briser le carcan étouffant du ghetto !

pm

http://www.lemonde.fr/banlieues/article/2018/05/18/emmanuel-macron-n-entend-pas-reinventer-de-grands-dispositifs-pour-les-banlieues_5301104_1653530.html

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