Pourquoi ne serait-ce pas au tour de l’Italie de passer à la casserole du populisme ? Le président Sergio Mattarella a signé à la demande du gouvernement la date des élections législatives au 4 mars 2018. Paolo Gentiloni doit rester en tant que premier ministre en fonction jusqu’à la constitution du nouveau gouvernement, mais cela pourrait néanmoins se prolonger jusqu’au moment, où une majorité se dessinera. Dans l’état actuel de la situation ce ne sera pas chose aisée. La constitution, qui prévoit une part de proportionnelle, pourrait entraver la formation d’un nouvel exécutif. La droite, le centre-gauche et le mouvement populiste 5 étoiles risquent de se mettre les bâtons dans les roues. Il se pourrait bien que dans de telles conditions le chaos s’instaure. Pour obtenir une majorité il se peut bien que le Mouvement 5 étoles puisse bien être pris comme porteur d’eau pour pouvoir former un nouveau gouvernement. Il pourrait à loisir mettre la pression et diriger l’Italie vers un avenir incertain. On ne peut que craindre une telle évolution, car un parti qui se base uniquement sur des revendications populaires comme moins de charges fiscales, n’enrayera en aucune manière la situation économique délicate de cette nation et non plus la baisse de la dette publique, qui devrait être à la base d’un équilibre plus que nécessaire, afin de ne pas précipiter la pays dans une situation comparable à la Grèce. Et derrière tout cela réapparaît le spectre du brasseur d’affaires et ancien premier ministre Silvio Berlusconi, qui trouverait ainsi la possibilité d’avoir sa revanche, même s’il ne devait pas être aux commandes. Il sera très difficile au centre gauche dans de telles conditions de garder le pouvoir, d’autant plus que Paolo Gentiloni a dû prendre au cours de son mandat des décisions qui n’étaient pas très populaires.

Et il ne faut pas oublier que derrière lui règne un âpre combat orchestré par Matteo Renzi, l’ancien leader qui se voulait être charismatique et qui fut évincé parce qu’il avait trop d’appétit. Le jeune premier-ministre avait dû jeter l’éponge après l’échec d’une réforme de la loi électorale, qui aurait dû d’après lui donner plus de stabilité au pays. Il est regrettable qu’il n’eut pas la perspicacité de s’apercevoir qu’il ne pouvait pas recueillir la majorité nécessaire. D’autant plus désolant que Renzi incarnait un renouveau de la vie politique italienne. L’Europe misait sur lui pour renforcer l’UE. Une occasion perdue à cause d’une attitude marquée d’un peu de mégalomanie. Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Je ne sais pas si c’est par frustration, que bien des citoyens apportent leur soutien à une formation menées par des clowns. On ne peut guère attendre quelque chose de valable de la part du mouvement 5 étoiles. Beaucoup de vent pour rien, des idées qui pousseront l’économie dans ses recoins. Une situation qui pourrait déboucher sur une coalition droite-centre-gauche, qui aurait comme conséquence la paralysie de l’Italie. Il est évident que les réformes nécessaires ne pourraient pas être mises sur les rails. Un facteur de plus pour déstabiliser la maison Europe. Je n’ose plus espérer que le peuple soit raisonnable. Comme l’aprouvé le dernier scrutin en Autriche, l’aveuglement est de mise.

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/12/28/en-italie-les-elections-legislatives-auront-lieu-le-4-mars-2018_5235441_3214.html

Pierre Mathias

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