Ce serait une illusion que de croire que les indépendants ramassent des fortunes. La plupart ont des revenus des plus bas, avec lesquels ils peuvent à peine vivre. En France il y a 3,3 millions de personnes qui travaillent ainsi. Il y a bien entendu aussi certains qui s’en tirent pas trop mal, mais ils vivent constamment dans l’angoisse de connaître les sept années de vaches maigres. J’ai vécu pas mal de temps comme cela et peut vous assurer, que de vouloir donner accès à l’assurance-chômage aux indépendants est plus que justifié. Je soutiens donc le projet de loi d’Emmanuel Macron à ce sujet, car il pourrait aussi être une motivation pour tous ceux qui désirent devenir entrepreneurs. Ce serait un risque en moins. La France a besoin de personnes qui sont prêtes à se lancer à l’eau. L’initiative individuelle peut amener plus de créativité. Elle permet aussi de suivre des chemins peu conventionnels. Redonner un coup de fouet au génie français qui a un urgent besoin de se lancer dans l’aventure. Parmi les indépendants, il y a un grand nombre d’artistes et d’artisans. Ce sont eux qui par leurs initiatives personnelles donnent une note particulière au pays. On ne peut pas les classer dans un schéma fixé d’avance. Mais si l’épée de Damoclès plane constamment sur leurs têtes, ils sont paralysés. Je connais ces nuits, où on fait constamment des calculs savants, pour savoir comment rééquilibrer son compte en banque. Je ressens encore les angoisses, lorsque je contrôlais les rentrées d’argent. Ont-il payé ou pas ?

Et les fameux coups de téléphone pour savoir, où est passé l’argent. « Je l’attends depuis des semaines, comment voulez-vous que je paie mon loyer ? » Et dans tout cela, toujours être aimable ! Avaler toutes les couleuvres qu’on vous fait avaler. « La secrétaire est rentrée hier de vacances. Elle a donné le bordereau à signer ! » Et souvent rien ne se passe malgré les assurances qu’on vous a données. Puis il y a toutes les commandes, qui semblent baigner dans de l’huile et qui n’arrivent pas à terme, souvent pour des raisons futiles. Et tout le boulot fait d’avance, sans garantie. « C’est à prendre à laisser si vous voulez être choisi ! » Bien sûr il y a l’autre côté de la médaille. J’ai eu la chance de très bien gagner ma vie, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de jeunes. Je dois avouer que si j’étais aujourd’hui à leur place j’hésiterais à devenir indépendant. Ils sont souvent exploités à moins d’être des spécialistes de l’informatique. En général ils sont bien payés. Ce qui serait légitime pour tous, car vous ne travailler que par intermittence. Il faut bien combler les trous et c’est justement là que peut intervenir l’assurance-chômage. Je connais de l’Allemagne ce système. Lorsque le contrat arrive à son terme, peu importe sa durée, il faut vous annoncer à la bourse du travail pour toucher des allocations. De même quand on a à nouveau un emploi. Pour jouir des avantages de l’assurance, il faut avoir travaillé un certains temps. Il y a de nombreuses activités où le nombre de jours à l’année n’est pas atteint. Dans ce cas-là c’est le tarif zéro. On touche alors le Hartz IV, une aide sociale, avec laquelle on ne peut presque pas survivre !

pm

http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/11/21/reforme-de-l-assurance-chomage-les-pistes-pour-l-etendre-aux-independants_5218238_823448.html

Pierre Mathias

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