Ce ne sont souvent pas les salariés qui sont les plus « laissés pour compte » de notre société, mais bien les travailleurs indépendants. Pour trouver des commandes il faut faire des pieds et des mains. C’est un investissement considérable qui ne repose sur aucune garantie. Il s’agit de faire des appels d’offre, ce qui demande beaucoup d’imagination. Pour que le dossier soit pris au sérieux, il doit être conçu d’une manière assez précise, ce qui est parfois assez risqué, car bien des idées sont volées. Il n’y a pas de droit d’auteur dans sa forme traditionnelle, bien plus un blanc-seing qui part du principe qu’on a affaire à des personnes correctes. Mais allez savoir… J’ai été l’auteur de bien des offres ces dernières années et dans bien des cas, les commanditaires n’ont même pas eu la décence de nous avertir ce qu’il en était. Tous projets doivent être accompagnés d’un relevé des coûts assez détaillé, d’un plan de financement et d’un business plan donnant une idée comment amortir les frais. Le tout présenté sur un plateau et bien sûr à l‘œil. Le tout pour dire qu’avant même l’amorce d’une commande, des jours de labeur doivent être envisagés et des frais considérables engagés. Les banques ne sautent pas de joie pour fournir une aide financières aux indépendants, considérant que toutes ces activités sont moins sûres que la roulette. Et si par miracle il y avait feu vert, il faut tirer les oreilles des investisseurs afin qu’ils vous paient dans les délais. Tout cela pour étayer l’initiative d’Emmanuel Macron de donner une meilleure assise sociale aux indépendants. Il est à mon avis normal, qu’ils jouissent de l’assurance-chômage. C’est un encouragement pour des jeunes de se lancer dans la création d’une entreprise. Il faudrait aussi tout faire pour que les établissements financiers soient plus flexibles à leur encontre. Il ne fait aucun doute que le dynamisme d’une nation toute entière se mesure aussi dans de telles initiatives. Je désire que le courage soit récompensé.

J’ai vu autour de moi des personnes qui ont parfaitement réussi, d’autres, dont je fais partie, n’ont pas eu le succès escompté, car la branche cinématographique est soumise à un auto-dumping indécent. Bien des personnes produisent à perte afin de se donner l’illusion, d’avoir des carnets de commandes bien remplis. Le rouge reste le rouge, peu importe les activités amorcées. Dans la majorité des cas, les petits entrepreneurs ne sont pas des Crésus. Beaucoup d’entre-eux ne peuvent pas payer les charges sociales ou faire des avances fiscales, ce qui les poussent au dépôt de bilan. Dans bien des cas les jeunes gens ont été forcés de créer leur propre « boite », car ils n’ont pas trouvé d’emploi. Ce n’était pas forcément de gaîté de cœur. Ils se sont souvent vite rendus compte qu’on ne prête qu’aux riches. Psychologiquement de tels échecs ont une incidence sur la bonne marche des nations. Parallèlement aux baisses des charges par l’État pour ces stars up, il devrait donner des garanties aux banques, au cas où ces projets aient été choisis sur concours. Il ne suffit pas de dire « Y a qu’à », au contraire. Il faut mettre la main à la pâte afin de donner un coup de collier à notre jeunesse, à qui il incombera de nous sortir de l’ornière ! À bon entendeur !

pm

http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/10/12/ce-qu-il-faut-retenir-de-l-ouverture-des-negociations-sur-le-chomage-et-la-formation_5200124_823448.html

Pierre Mathias

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