Le président catalan Carles Puigdemont  a déclaré devant le parlement régional, que sa province avait le droit à l’indépendance, mais qu’il ne voulait pas claquer la porte en ce qui concerne le dialogue avec Madrid. Le porte-parole du gouvernement espagnol, a donné une fin de non-recevoir à cette recherche de conciliation. Il est peu probable que Mariano Rajoy, qui a adopté une ligne dure dès le début de ce conflit, cédera. Du point de vue institutionnel il ne peut pas le faire. Mais lorsqu’il y a de telles tensions, il serait bon que des négociateurs se posent la question de savoir comment sortir de cet imbroglio. En accordant un statu identique au Pays Basque, qui a plus d’autonomie, il serait peut-être possible de rapprocher les points de vue. Tout d’abord il est important de définir comment les uns et les autres définissent l’indépendance. Est-il possible, lorsqu’on est membre de l’UE de l’interpréter comme un divorce ? Dans le cas du Brexit la réponse est affirmative. Ici c’est différent car à ma connaissance ni l’Espagne, ni la Catalogne veulent quitter l’Union. Cela démontre qu’une optique strictement nationale est devenue quasiment caduque. Un cas de figure inédit dans l’histoire européenne. Il est clair que pour la province une mise à l’écart de l’UE serait une catastrophe presque insurmontable. Pas que vous m’interprétiez d’une manière erronée, j’accepte tout à fait que des citoyens soient très attachés à leur région, qu’ils souhaitent avoir voix au chapitre dans tout un lot d’options à prendre. J’ai toujours été partisan pour le renforcement de l’Europe des régions. C’est dans chacune d’entre-elles que peut se développer l’esprit identitaire, non pas dans des entités nées dans le cadre d’une action politique, comme le Congrès de Vienne en 1814/1815. L’Europe Napoléonienne a été dépecée d’une manière arbitraire, sans tenir compte des ethnies.

La région forme en principe un tout, où les gens peuvent se reconnaître. Dans le cas qui nous concerne, il serait opportun qu’on redéfinisse à l’échelle continentale la structure politique à apporter aux régions. Même si je suis pour le maintien de la Catalogne en Espagne, je ne pense que ce n’est pas seulement à Madrid de définir une ligne générale. Pourquoi ? Parce que nous tous, les Européens, sont directement concernés par le déroulement de ce qui se passera dans la péninsule ibérique. Il en va d’un problème institutionnel à régler. Si on part du principe que la région fait partie à elle seule du puzzle européen, il est permis de se poser la question suivante : Si l’Écosse, par exemple, est contre le Brexit, ne pourrait-elle pas rester dans l’UE ? En partant d’une démarche nationale, non ! Mais si des fois les régions étaient mieux intégrées, pourquoi pas. Il faudrait dans ce cas-là réécrire les traités. Cela est probablement utopique, mais ce sera peut-être le seul moyen de concevoir l’Europe de demain. Comme nous le voyons nous n’avons pas affaire à un conflit local. C’est la raison pour laquelle Carles Puigdemont et Mariano Rajoy devraient agir avec pondération. Au nom de l’UE, il ne faut pas briser plus de porcelaine. Il faudrait que les juristes de droit international se mettent au plus vite au travail afin de rendre moins vulnérable notre Europe.

pm

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20171010.OBS5807/catalogne-puigdemont-va-mener-le-chemin-de-l-independance-mais-tend-la-main-au-dialogue.html

Pierre Mathias

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