WikiLeaks a révélé les méthodes qu’utilise la CIA pour s’introduire dans notre sphère personnelle. Au point de vue technique c’est possible, mais quel est le but qu’on peut attendre d’une telle pratique ? Il est intéressant de constater que les services secrets anticipent, mais que le résultat final est aussi bancal qu’avant. Je peux citer en exemple le Stasi, qui a récolté des informations sur chaque citoyen, qu’il a emmagasiné ensuite dans ses archives. Cela a bien mené à des arrestations, à un chantage ininterrompu qui a souillé le quotidien, mais en fin de compte ses agents n’ont pas été en mesure d’empêcher l’effondrement du régime. De même pour la CIA qui a souvent mené la politique dans l’ornière. Trop de connaissances peuvent être nuisibles. Les preuves sont là, mais qu’en faire ? Il est symptomatique de constater que les analyses ont été erronées. Peut-être parce qu’il ne fallait pas indisposer le client qu’est l’État ? C’est dans le domaine du terrorisme islamiste qu’il est possible de constater qu’une organisation comme l’EI réussit toujours à déjouer l’action des forces de l’ordre. Il s’avère qu’elles n’ont pas été informées à temps d’un danger imminent. L’information ne sert pas à grand chose si on n’est pas en mesure d’en tirer des conclusions. La tactique employée par les terroristes est plus que subtile. En individualisant la lutte, les organisations rendent très difficile le combat contre elles. Ce sont souvent des initiatives spontanées prises sans l’appoint d’une infrastructure. L’organigramme d’une action violente n’existe plus. Les structures hiérarchiques ont été éliminées. Chaque meurtrier est livré à lui-même, peut agir à sa guise sans se référer à un QG.

Une telle manière d’agir ne correspond en aucune façon à la manière de voir de la CIA par exemple. Les services peuvent bien sûr faire éliminer des chefs à l’aide de drones, comme c’est le cas sur le terrain en Irak ou en Syrie, mais il ne s’agit là que de responsables, qui sont certes importants, mais qui, en ce qui concerne le terrorisme international, se sont retirés de la logistique immédiate des attentats. Ils ont certes été à la base des actions kamikazes, mais ne sont probablement pas en mesure d’en connaître les détails, car cela aurait pour conséquence d’affaiblir l’EI. Il est clair que la politique, que ce soit à l’intérieur comme à l’extérieur, a besoin d’un maximum d’informations pour pouvoir agir. Vouloir les glaner partout et à toutes heures peut être contra-productif si on ne sait pas comment les évaluer. Il est clair que de les révélations de WikiLeaks font mal, car elles ne peuvent qu’être issues de l’intérieur de l’organisation. Depuis l’affaire Edward Snowden, il est évident à quel point un système centralisé est vulnérable. L’organigramme joue un vilain tour, car il ne laisse guère de place à l’improvisation. Cela ne pourrait que fonctionner, si les différentes cellules pouvaient fonctionner indépendamment. Mais comme il est nécessaire de donner des informations à la politique en les analysant dans un premier temps, une administration comme celle de la CIA ne peut qu’être vulnérable. Trop de gens sont mêlés aux actions ce qui rend impossible une discrétion absolue. Le temps des grands services est-il compté ? Sous leur forme actuelle, oui !

pm

http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/sur-le-radar/20170308.OBS6298/teles-connectees-iphone-android-comment-la-cia-peut-vous-espionner.html

Pierre Mathias

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