J’ai suivi hier à la télévision les bons vœux de Noël du Pape François et ai été tout aussi bien impressionné par la clarté de son discours que pas la bonté qu’il arrive à transmettre de par le monde. Il a énuméré tous les conflits actuels et appelé chacun d’entre-nous à contribuer activement à arrêter les carnages. La prière à elle seule ne peut pas suffire pour faire entendre raison à tous ceux qui n’ont aucun scrupule à assassiner des enfants. Un message très concret en ce qui concerne les activités pour sauvegarder ou rétablir la paix, peu importe à qui il est adressé. Il est évident que ce que François dit n’est qu’une tentative afin de faire prendre conscience à tous et chacun de la situation dans laquelle ils se trouvent. Comme jésuite il a de la suite dans les idées et ne passe pas par quatre chemin pour dire ce qui est à ses yeux primordial. Il n’enrobe pas son discours de piétisme, au contraire. Il ne fait que répéter ce que le Christ aurait pu dire dans une telle situation. Il a démontré que le mot était certes important, mais s’il n’était pas suivi de faits, il perdait de sa valeur. Le Pape est parfaitement conscient dans quel contexte se trouve notre planète en ce moment. La population mondiale est d’environ 7 milliards d’homme. La place pour chacun risque de s’amenuiser encore, ce qui crée des conflits. Chacun essaie de tirer la couverture à soi, mais est forcé de comprendre qu’il y a une limite aux ressources et ceci malgré les technologies de pointe. Cet état engendre chez chaque individu de la peur, qui elle se transforme rapidement en violence. Ce serait le constat pragmatique de ce qui se passe actuellement. Mais il y a plus ! Lorsque l’ésotérisme s’en mêle, cela devient désastreux. Je ne veux pas dans ce contexte faire l’amalgame entre la religion et la superstition, mais doit reconnaître que dans le désespoir l’homme a recours à de telles pratiques, qui entraînent fatalement l’intolérance. Un phénomène dont aucun mouvement de croyance est immune. Il ne peut qu’attiser les conflits, être la source de guerres et du terrorisme international.

Le pragmatisme de François fait du bien dans cette tourmente. Il ramène en fait les problèmes que nous connaissons actuellement à un dénominateur commun:tu ne tueras pas! D’où son appel que les tentions actuelles soient débattues autour d’une table de négociations et non pas sur le terrain comme à Alep. Il a marqué son incompréhension complète par rapport aux agissements des différents protagonistes qui ont plus ou moins perdu la cap. Le prix apporté par la destruction massive de la ville et par le massacre d’un grand nombre d’habitants, ne peuvent pas justifier ce qui s’est passé et qui aurait dû être réglé dans des conférences. Les valeurs morales en ont pris un coup fatal, dont il sera très difficile de les restituer. Les blessures sont trop profondes pour qu’elles puissent être tout au moins soignées. Il est à craindre que la haine restera à l’ordre du jour et que le massacre en Syrie continuera jusqu’à un épuisement total des adversaires sur le terrain. Malheureusement le pape ne peut que faire appel aux consciences. Il reste impuissant par rapport à une action directe. Il le sait mais il est néanmoins bien, qu’il élève la voix.

pm

http://www.lemonde.fr/religions/article/2016/12/25/pour-le-pape-francois-il-est-temps-que-les-armes-se-taisent-en-syrie_5053799_1653130.html

Pierre Mathias

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