Contre l’avis du gouvernement anglais, un tribunal de Londres a statué que le parlement devrait être consulté en ce qui concerne les négociations au sujet du brexit. Cette nouvelle n’est pas du goût de Theresa May qui veut faire appel à la juridiction suprême du Royaume Uni. Bien qu’elle ait prétendu qu’elle avait été contre la rupture avec l’UE, elle mène une politique discriminatoire contre la libre circulation des personnes. Par contre elle n’aurait pas d’objections de pouvoir avoir accès au marché unique. Une attitude inacceptable pour Bruxelles. Une fois de plus elle veut avoir le beurre et l’argent du beurre. Une attitude typique pour la fière Albion qui nous considère toujours comme des larbins. Une majorité de députés à Westminster voudraient être plus conciliants et permettre aux habitants de l’UE de s’établir en Angleterre sans trop d’encombres. Mais Madame le Premier Ministre voudrait probablement ressembler à Margaret Thatcher qui d’une poigne de fer à détruit l’outil industriel du Royaume, ce qu’on oublie souvent. Si les juges dans la dernière instance valident la décision du tribunal londonien, le gouvernement pourrait avoir des ennuis. Une chose est claire : les négociations ne pourront que débuter plus tard. Le parlement voudra exercer un contrôle jusque dans les plus petits détails, amender certaines décisions s’il y a lieu de le faire. Malgré certains commentaires, je doute qu’il puisse passer outre en ce qui concerne le verdict du référendum. À moins qu’une nouvelle initiative issue du peuple se dessine. Je suis certain que bien des citoyens regrettent aujourd’hui une option qui a été prise avant tout à cause de la migration. Certains qui étaient pour le brexit doivent se poser la question si leur choix n’a pas été dicté par la peur ? Ne se sont-ils pas aperçus qu’un départ de l’UE leur sera très défavorable ?

Lorsque des décisions se prennent sous l’emprise de l’émotion elles peuvent être néfastes. Le parlement voudra essayer de colmater un peu les pots cassés, mais je crains qu’il soit trop tard, à moins qu’il y ait un bouleversement complet de l’ordre politique. Cela ne pourrait que se passer si l’Écosse décide de faire sécession. Dans un tel cas la situation serait si grave que la sauvegarde de l’unité oblige les responsables de changer complètement de cap. N’oublions pas que l’Angleterre ne profiterait plus du pétrole brut de la mer du Nord. Cela amènerait probablement un effondrement de la bourse et un ras-de-marée qui dévasterait encore plus la place financière de Londres. Les élus en sont bien conscients et essayeront de réduire la casse. Mais cela ne pourrait que se faire si l’UE joue le jeu, ce qui est loin d’être sûr. Comme nous le voyons tout semble aller à la dérive. Au cas où le populisme s’établisse encore plus aux États-Unis, ce serait un facteur d’insécurité supplémentaire pour la Grande Bretagne. Il n’est pas dit que l’allié traditionnel s’intéresse encore à elle. Un repli sur soi-même comme c’est la cas actuellement au delà de la Manche et de l’Atlantique est en fait une castration de l’économie et des finances. Le tribunal suprême en sera-t-il conscient ? Il faut l’espérer.

pm

http://www.lemonde.fr/referendum-sur-le-brexit/article/2016/11/03/selon-la-haute-cour-de-londres-le-gouvernement-britannique-devra-obtenir-l-aval-du-parlement-pour-sortir-de-l-ue_5024766_4872498.htmlPierre Mathias

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