Le compte-rendu de l’intervention de Nicolas Sarkozy hier sur TF1 incite à la réflexion. Il met pas sans raisons au pilori le système des grandes coalitions, comme elles existent en Autriche et en Allemagne. Dans ces deux pays nous avons affaire à une opposition tronquée, qui du point de vue parlementaire, n’a pour ainsi dire plus droit à la parole. Cela revient à dire que les gouvernements concernés peuvent faire la pluie et le beau temps. À ce point de vue, je partage ses critiques. Pourquoi ? Parce que les politiques des membres de la coalition se sont adaptées l’une par rapport à l’autre. On veut éviter toutes contradictions et pour y arriver, on se met d’accord sur un minimum de réformes. Pour les citoyens un sentiment de frustration, car il n’y a plus de débats et en fin de compte plus d’alternatives. Et que fait-il dans un tel cas ? Il cherche refuge auprès des édiles des extrêmes, que ce soit à droite ou à gauche. Le résultat de cette situation, est le triomphe du populisme, aussi nauséabond soit-il. Mais comme démocrate, je ne peux pas ignorer les résultats des urnes. Si aucune majorité autre qu’une grande coalition est possible, il faut bien s’y rabatte. En ce qui concerne l’Allemagne, je ne peux pas suivre complètement les critiques du chef du PR. Le cabinet Merkel-Gabriel a effectué de grandes réformes et les a mises en place. Même si les adhérents des deux partis le répètent inlassablement, ces nouvelles ne passent pas auprès du grand-public. Il ne voit qu’au bout de son nez et réagit comme on peut se l’attendre d’une personne qui a peur. La presse a beau répéter que l’avènement au pouvoir des extrémistes pourrait avoir des retombées plus que négatives, il réagit comme un citoyen aillant raz-le-bol. Ce ne sont pas forcément les idées qui le guident aux extrêmes, plutôt les personnalités.

Tant qu’on est pas aux rennes du pouvoir, il est possible de tout remettre en question. Les fortes gueules en font usage et critiquent tous ceux qui ne partagent pas leurs opinions. Ils ne cachent pas que s’ils étaient au pouvoir, ils réduiraient les libertés individuelles. Mais cela ne semble pas toucher ceux qui voteraient pour eux. Ce qu’ils demandent, c’est que le ménage soit fait. Revenons à l’interview de hier. Je ne crois pas que dans le contexte actuel, un programme puisse être générateur de voix. Bien plus les personnalités. Nicolas Sarkozy est en but à des sondages catastrophiques en ce qui le concerne. Majoritairement la plupart des Français refusent de le voir briguer à nouveau la présidence. Pour eux il a fait son temps, comme ce qui concerne François Hollande. Il es évident que de tels faits, avantagent Marine Le Pen. Pour elle la démonstration dans quelle chienlit se trouvent les partis dits démocratiques. En jouant la cheffe elle amasse bien plus d’adhérents. Elle peut sans vergogne mettre tout au pilori. Le fait que son parti ne soit pas représenté comme il le faudrait à l’Assemblée nationale, lui donne la possibilité de s’exprimer totalement anarchiquement. C’est-là que le système bicéphale montre ses limites. Lorsqu’un parti est représenté et à la possibilité d’influer la politique, il a malgré tout une obligation de réserve, parce qu’il est impliqué dans les décisions, même s’il est minoritaire.

pm

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/05/22/sarkozy-sur-l-autriche-quand-il-n-y-a-plus-de-droite-et-plus-de-gauche-les-extremes-en-profitent_4924240_823448.html

Pierre Mathias

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