Ce sont bien moins des questions théologiques qui posent des problèmes à l’intégration des populations musulmanes en Europe, qu’un certain style de vie, imprégné des traditions des régions d’origines. Les religions monothéistes vénèrent le même Dieu, ont aussi de mêmes prophètes. Ce n’est pas un hasard s’il est question dans le Coran de leaders religieux de l’Ancien Testament ou de Jésus-Christ. Les racines sont identiques et ne devraient pas laisser la place à la haine. Où les choses se détériorent, c’est lorsqu’il s’agit de dogmatisme comme par exemple les règles édictées par la charia. Elles s’inspirent d’un mode de vie, que le siècle des lumières a balayé en principe dans nos pays. Il ne faut pas oublier que la chrétienté a aussi imposé de telles contraintes, mais cela remonte au Moyen-âge et au début de la Renaissance. La rigueur des lois a partiellement laissé la place à plus d’humanisme. Mais comme l’histoire contemporaine l’a démontré, il y eu de terribles retour en arrière. Nous sommes mal placé pour donner des leçons ! Lorsqu’on lit les écrits de Martin Luther, dont en fêtera l’année prochaine le jubilé, il y a de quoi être effrayé de son intolérance. Il réclame ouvertement le génocide des juifs, des femmes de mauvaises mœurs, d’enfants nés avec des tares physiques ou mentales. Sans oublier le massacre de 70.000 paysans qu’il a provoqué. Ce n’est pas un hasard si Adolf Hitler a justifié Auschwitz en se référant au réformateur. Un tel scandale devrait nous inciter à montrer plus de discrétion. Cela ne veut pas dire que l’Islam reste campé, tout au moins sous nos latitudes, dans un certain obscurantisme. Pour éviter que le fossé se creuse encore plus, il devrait redéfinir par exemple la position de la femme. Elle ne peut plus être comparée à ce qui avait incité Mohamed à agir. Elles étaient soumises à de telles discriminations de la part des hommes, que le Coran a été obligé d’édicter certaines règles, qui sont de par leur nature plus égalitaires en comparant leur mise en pratique. Dans les écritures il n’est pas question de les traiter comme des esclaves.

Mais ne nous faisons pas d’illusions, une mise à jour d’une religion est un exercice de très longue durée. Le principal obstacle sont les dogmes, souvent issus de priorités politiques, ethniques ou psychologiques. La crainte que toutes réformes puissent remettre en question les valeurs morales rend toutes discussions souvent caduques. Une réalité qu’on ne doit en aucune manière ignorer, c’est la volonté incessante de vouloir partir en croisade, et ceci peu importe dans quelle religion. Vouloir missionner des individus est faire souvent acte d’intolérance et de violence. C’est un frein à l’intégration, à un bon voisinage. Mais comment mettre un dialogue en route au sein d’une communauté qui se sent acculée de tous côtés ? Ce ne sont pas de bonnes conditions pour adapter des croyances au milieu où l’on vit, car toutes concessions peuvent être considérées comme étant une atteinte à sa propre identité. Mais si on veut éviter de nouvelles guerres de religions, comme cela a été le cas au 16ème et au 17ème siècle en Europe, il faudra bien que les religions monothéistes se redéfinissent l’une par rapport aux autres.

pm

http://www.lemonde.fr/religions/article/2016/05/15/au-bourget-les-representants-musulmans-debattent-du-voile-et-de-participation-politique_4920011_1653130.html

Pierre Mathias

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