Ce n’est pas nouveau que certaines religions entretiennent des rapports tendus en ce qui concerne les femmes. Notamment les catholiques, qui mettent l’homme au premier plan. C’est pourquoi l’initiative du Pape François de faire entrevoir la possibilité pour elles d’être nommées diacres est un premier pas. Il est connu que l’église primitive donnait aux femmes plus d’importance. Elles pouvaient exercer la prêtrise. Il était alors évidant qu’on ne pouvait pas les discriminer, d’autant plus que Marie, la madone, joue un rôle essentiel dans les rites et dans les dogmes. C’est au cours du Moyen-Âge que s’est accentué le machisme qui perdure jusqu’à aujourd’hui. Comment analyser de tels faits ? Dans l’Ancien Testament le péché originel est avant tout imputé à Eve, celle qui a tenté Adam, ce qui a provoqué leur exclusion du jardin d’Éden. D’en faire la principale pécheresse était l’expression de la volonté de disculper les hommes et de leur accorder une suprématie dans la société. Cela démontre que la politique a fortement influencé cette manière de concevoir le quotidien. C’était de l’antiféminisme avant l’heure. Les remarques hostiles aux femmes jalonnent l’écriture sainte. Seul Jésus a eu le courage de s’en prendre à de telles pratiques. Son attitude vis-à-vis de Marie-Madeleine est significative. Elle est pleine de respect pour une femme, qui devrait être reléguée aux portes de la société. Ce qui se passe encore aujourd’hui au sein de l’Église, se répercute dans la vie civile. Tant que les femmes seront défavorisées par rapport aux hommes au travail ou ailleurs, on peut prétendre sans se blâmer, que c’est un réflexe qui n’a plus rien à voir avec notre époque. Il n’y a qu’à voir que la plupart des postes de responsabilité au sein de l’économie, sont pourvus pas des hommes, ce qui est une injustice flagrante. L’idée que la femme n’a sa place qu’au foyer est obsolète. Quel ménage pourrait survivre matériellement sans son apport matériel ? Il n’y a qu’à ouvrir les yeux afin de s’apercevoir, qu’elle est constamment désavantagée.

Si le Pape arrivait à s’imposer, ce serait une contribution importante en direction d’un peu plus d’égalité. Mais nous en sommes encore très loin, même si elles avaient accès aux postes de diacre. Elles resteraient dépendantes des prêtres qui auraient toujours la prédominance en ce qui concerne les décisions à prendre. Elles resteraient subalternes, ce qui à mes yeux n’est pas concevable. Vouloir démontrer qu’un changement de cap aurait pour conséquence un effritement des institutions, n’est pas valable lorsqu’on observe ce qui se passe dans les églises réformées. Les femmes occupent des postes de pasteurs ou même, comme chez les Luthériens en Allemagne, peuvent devenir évêques. Cela nuit en aucune manière au bon fonctionnement des pratiques religieuses. C’est même un atout important dans le domaine social, qui est aussi du ressort des églises. Ne nous leurrons pas, la discrimination est un fait politique et non religieux. Elle a pour but d’écarter les femmes des décisions à prendre. Il est important que l’Église revienne, comme au début du christianisme, à plus d’équité. Elle ne peut pas réclamer de la politique plus de tolérance et restée campée dans le Moyen-Âge !

pm

http://www.lemonde.fr/religions/article/2016/05/12/le-pape-francois-ouvre-la-voie-du-diaconat-aux-femmes-dans-l-eglise_4918505_1653130.html

Pierre Mathias

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