Lorsque j’entends parler de la société de loisirs, j’ai des démangeaisons. J’ai des amis qui considèrent la semaine de travail comme insupportable et qui vivent que pour les fins de semaines ou les vacances. Cela m’effraye. Je me suis toujours refusé de suivre un telle voie. La vie est trop belle pour agir ainsi. La recette pour moi a été de faire un travail qui me plaisait. Chaque jour a de la valeur. Le travail n’est pas une charge, plutôt une porte ouverte à de nouveaux horizons. Et en ce qui concerne les 35 heures, je les ai trouvé restrictifs. Lorsque Martine Aubry les a présentées comme une bonne option pour créer des emplois, j’ai eu des doutes. Cela a été un échec. Mais personne ne voulait s’attaquer à cette vache sacrée, qui en fin de compte n’a apporté que des restrictions. On a hissé le temps libre sur l’autel de la liberté. Mais si c’est de passer la journée à envoyer des courriels ineptes sur son ordinateur, c’est une preuve de pauvreté éclatante d’ennui. Ce qui manque le plus aux uns et aux autres, ce sont les rencontres qui ne sont pas virtuelles. Si on restreint le travail à une corvée, il ne faut pas s’étonner que nous nous trouvions dans une situation économique plus que précaire. En ce sens je donne raison à Emmanuel Macron de refuser de faire des tabous. Si la prospérité de tous consiste à mettre la main à la pâte, il ne faut pas hésiter à le faire, même si cela pouvait restreindre un peu les heures de loisirs. Qu’il faille payer les heures supplémentaires est une évidence pour le syndicaliste que je suis. 10% de majoration est une bonne option, pas les 25% qui paralysent l’essor des entreprises.

Mais j’irais encore un pas plus loin. Je pense que le travail doit être mieux rémunéré, s’il y a succès. D’où ma proposition de faire participer les travailleurs au chiffre d’affaire des sociétés. Il serait à mes yeux bon de négocier un salaire de base, qui pourrait fluctuer vers le haut, si les affaires le permettent. Évidemment il serait indispensable de prendre la somme réelle que touche les employés comme point de référence pour le calcul des retraites. Pas comme la SNCF, qui à l’époque ne prenait pas en compte les heures supplémentaires. A-t-elle changé le fusil d’épaule ? Je l’espère. Il n’était pas étonnant que la précarité était considérable chez tous ceux qui partaient à la retraite. Si on veut générer la consommation, il faut en donner les moyens. L’État ferait bien de réduire les charges fiscales. Je pense que chaque entreprise devrait gérer elle-même son temps de travail, avec une barre maximale à 40 heures. Une telle réforme devrait donner un coup de fouet à la léthargie que nous connaissons actuellement. Les syndicats et le patronat devraient changer de mentalité et arrêter de se considérer comme des ennemis. C’est parfaitement rétrograde et peut expliquer pourquoi il y a crise. Mais tout cela ne peut fonctionner que si le travail n’est plus considéré comme une potion amère à avaler. Faire l’éloge de la paresse est du poison ! L’effort doit être récompensé. Avant tout en ouvrant à tous l’accès à des postes supérieurs. Une chose est évidente, il faut à tout prix éliminer la mentalité d’assistés. Toucher des subsides par manque d’envie de travailler est du sabotage. Qu’on se le dise !

pm

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/01/22/pour-m-macron-le-projet-de-reforme-du-temps-de-travail-mettra-fin-aux-35-heures_4852184_3234.html

Pierre Mathias

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