Une fois de plus les islamistes font parler d’eux. Cette fois-ci en Tunisie, le pays où « le printemps arabe » a vu le jour. Malheureusement une flambée démocratique de très courte durée, sauf dans ce pays. Un gouvernement laïc a été élu, condamnant toutes formes de fondamentalisme. L’attentat du musée Bardo, où 19 personnes sont mortes, plus les 44 blessés dont certains luttent pour leur vie, a pour but de déstabiliser la vie politique, de propager la panique chez tous ceux qui voient dans la liberté d’expression le signe de la liberté. Il est clair que le tourisme, la principale source de revenus, en prendra un sacré coup. La stratégie est relativement simple : le sabordage de l’économie ! En plongeant la Tunisie dans la crise, les terroristes espèrent que tous ceux qui en subiront les conséquences se révolteront un jour et apporteront de l’eau sur leur moulin. Une jeunesse ayant perdu tout espoir dans l’avenir se radicalise. L’exemple de l’État islamique démontre de quelle manière un tel mécanisme se met en route.

L’impacte de telles actions meurtrières est guère gérable. Certes il y aura enquête, peut-être même sera-t-il possible d’arrêter les coupables et de les traduire en justice. Mais une chose est certaine : lorsque le virus sévit il est diablement tenace. L’insécurité et la peur s’incrustent dans toutes les couches de la société et appellent à des mesures radicales, qui remettent en cause un système démocratique. L’exemple de l’Égypte, même si le cheminement a été différent, devrait nous faire réfléchir. Pour écarter les Frères Musulmans du pouvoir, une dictature a été instaurée. C’est un déni magistrale à toutes tentatives de libéralisation. Malgré ses aspects musclés, un aveu de faiblesse. Au niveau tactique les commanditaires de ces attentats sont passés maître dans l’art de la manipulation populaire. Dans un premier temps il s’agit de propager la terreur, ensuite de plonger les citoyens dans des contraintes économiques de plus en plus lourdes, puis de leur faire entrevoir que seule la collaboration pourrait leur assurer une certaine sécurité. Malheureusement il s’est avéré qu’une prise de pouvoir est dans un tel cas de figure, une réalité que personne ne devrait ignorer. Le but final est d’asservir le peuple en faisant régner la terreur. Que faire pour soutenir une Tunisie démocratique ? Malgré les dangers, il faudrait éviter de ne plus s’y rendre en tant que touriste. Si cette branche vitale pour le pays s’effondre, les Islamistes en sortiront vainqueurs. Ne faisons pas leur jeu ! Il devrait nous être présent à l’esprit qu’en Europe nous ne sommes pas non plus à l’abri de telles actions. Le terrorisme peut subir partout et en tous temps. Il ne connaît pas de frontières. La déstabilisation qu’il provoque doit en aucun cas nous amener à renier nos valeurs. Les abandonner serait une erreur fatale qui au bout compte aboutirait à la destruction totale de notre manière de penser et de vivre. La lutte est entamée et doit avoir pour but d’endiguer le fanatisme et la déraison. Je crains fort que bien des citoyens voient dans la violence et l’injustice le seul moyen d’y faire face. Au lieu de lutter pour la liberté, ils soutiennent des faucons, qui une fois au pouvoir, réagissent de même que les fossoyeurs de la démocratie et des droits de l’homme. La violence devient alors raison d’État et est ainsi légalisée. Bravo !

pm

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/03/19/ce-que-l-on-sait-de-l-attaque-du-musee-du-bardo-en-tunisie_4596393_3212.html

Pierre Mathias

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