Lorsque les politiciens font des promesses aux électeurs, ils devraient réfléchir par trois fois. Ce qui se passe actuellement à Athènes tient de la démagogie. Alexis Tsipras a traité de bourriques tous ceux qui ont voté pour lui. Il aurait du savoir que ce qu’il préconisait était impossible à réaliser, mais la soif de pouvoir était plus forte que la raison. Tout observateur un temps soit peu averti pouvait s’apercevoir que le programme de Syriza n’était pas plausible. Il aurait mené le pays tout droit dans un gouffre. Maintenant le gouvernement grec s’est ravisé et a du avaler la potion amère que Bruxelles lui a servi. Que de porcelaine cassée !

Il est évident que ceux qui détiennent les cordons de la bourse ont le pouvoir de décision. C’est ce qui s’est passé vendredi. Je ne comprends pas qu’un économiste averti comme Yanis Varoufakis ait pu se laisser entraîner dans une telle aventure. Il est évident que la Grèce devait faire résistance. Je ne lui reprocherai pas cela, au contraire. Mais dans un tel état de figure il faut avoir de meilleurs cartes pour tout au moins réduire la casse. Cela revient à dire que les nouveaux gouvernants se sont laissés entraîner dans une vague protestataire sans en peser les conséquences. Ce qui se passe actuellement est un déni par rapport à la politique politicienne, faite de mensonges et de d’aveuglement. En tant que citoyen j’ai le droit de demander un peu plus de réflexion. C’est aux leaders des partis à expliquer au peuple les méandres des affaires d’État, d’apporter des solutions réalistes. Mais lorsque les émotions parlent on se retrouve dans la logique des pamphlets. Faire croire au peuple que c’est par coups de gueule qu’il sera possible de régler les problèmes, tient du mensonge. Je vois la crise actuelle comme une preuve de plus que les joutes politiques ne sont que de l’amuse-bourgeois, ce qui est très inquiétant pour la démocratie. Le populisme consiste a reprendre à son compte des peurs individuelles et de les proclamer comme étant d’intérêt national. C’est plus que tenu au point de vue intellectuel et ne peut pas fonctionner dans la gouvernance des nations. Une fois la colère passée, il ne reste plus que la terre brûlée. Si j’étais grec je me sentirais parfaitement floué. Être mené par le bout du nez n’est pas un exercice très attrayant. On ne peut qu’espérer que les semaines passées feront réfléchir les électeurs. Mais je crois qu’il s’enferreront de plus en plus dans un réflexe de rejet. Il est plus facile de trouver des boucs-émissaires au lieu de de poser la question de savoir ce qui est allé de travers. L’UE ne pouvait pas faire autrement que de résister. Il faut avoir de la grandeur pour le reconnaître. Je suis soulagé qu’un accord ait pu aboutir, mais l’intermède que nous avons vécu aurait pu être évité. Ne nous faisons pas d’illusions, si la Grèce avait quitté la zone Euro, cela aurait été grave pour l’avenir de notre union. La preuve que nous ne sommes pas capable de gérer une crise. Peut-être que nous aussi ferions bien de réfléchir à la leçon que nous venons de recevoir et de ne pas promettre monts et merveilles. Une communauté n’est pas forcément un havre de paix !

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/02/20/a-bruxelles-optimisme-prudent-avant-une-enieme-reunion-de-l-eurogroupe_4580620_3214.htmlPierre Mathias

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