Alexis Tsipras est le grand vainqueur des élections en Grèce. Dès maintenant il sera forcé de mettre sous clef sa démagogie électorale et de revenir à la réalité. Il ne pourra pas d’un seul coup de baguette magique inverser la vapeur. Il dépend lui aussi des milieux financiers internationaux et de l’UE. Il sera fatalement obligé de mettre de l’eau dans son vin, ce qui risquera de décevoir certains de ses partisans. Mener une campagne est une chose, gouverner une autre ! Il doit indéniablement sa victoire à l’incompétence des partis traditionnels et à la corruption menée par ces derniers. Il devra éviter d’avoir un jour le même comportement. Il faut respecter le verdict des urnes, mais il faut aussi faire une analyse de ce qui s’est passé. Il ne fait aucun doute que la politique menée par Madame Merkel a échoué en ce concerne l’Europe.

Elle est partie de chiffres, certes catastrophiques, mais a oublié que derrières eux des centaines de milliers de personnes ont été entraînées dans la misère. Plus de travail, plus de quoi vivre décemment ! Ce qui se passe sur une feuille de papier est de la théorie. Mais sans un appui populaire, toutes conceptions, aussi censées soient-elles, sont obsolètes. On peut demander des sacrifices, mais à condition de donner espoir. Le manque de perspectives a été le détonateur qui a occasionné ce séisme. Sans une relance effective de l’économie on courrait à l’échec. Parler de générations perdues, tient du cynisme. Bien sûr les responsables du désastre grec ne se trouvent ni à Berlin, ni à Bruxelles. Qui vit depuis des décennies dans la combine financière consistant à prendre des crédits sans avoir l’intention de les rembourser, se trouvera immanquablement un jour à deux doigts du précipice. Sans l’aide européenne la situation serait bien pire. Mais il est vain de vouloir lancer des anathèmes, de mettre les responsables au pilori. Si on le faisait, il n’y aurait plus grand nombre de citoyens dans les rues. Ils savaient parfaitement ce qui se passait et ont essayé d’en profiter, ceci aux dépends de leurs créanciers. On ne peut pas reprocher à ces derniers de ne pas sauter de joie. Sans vouloir redresser la situation budgétaire du pays, Syriza échouera. Au point où on en est, il nous reste plus d’autre alternative que de donner à Alexis Tsipras une chance. Pour atténuer les risques d’une désintégration complète de l’économie, il faudra bien que la Chancelière fasse elle aussi un pas dans sa direction. Et ceci pour sauvegarder l’UE. Je pense qu’une remise partielle de la dette est une solution pragmatique. À quoi bon réclamer son remboursement complet lorsqu’il n’y a plus un euro dans les caisses ? Sans une réforme complète de l’économie, plus rien n’est possible. Pour effectuer les réformes nécessaires, il est indispensable de générer des revenus. Sans une industrie efficace, une fata morgana. Quel que soit le gouvernement, il n’y a pas d’autres solution que la relance. Avec le ventre creux une démarche impossible !

 pm

 http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/01/26/apres-la-victoire-de-syriza-l-europe-divisee-entre-joie-et-crainte_4563148_3214.html

Pierre Mathias

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