Que ce soit au Kenya, au Nigeria en passant par le Mali ou par le Soudan, partout la terreur propagée par des milices islamiques règne. Des centaines, voir des milliers de victimes innocentes sont massacrées. Des filles sont enlevées pour être livrées en pâture à des soi-disant combattants. Tous les maux s’abattent sur ce continent. Avec l’épidémie de l’Ébola on atteint le somment de l’horreur. Comme si Dieu s’était mis en tête de faire souffrir ses habitants. Ne parlons pas de la disette qui y est endémique ou de la misère des grandes villes, où des millions de campagnards cherchent refuge. Bien des exploitations agricoles sont en friches parce que la vie des paysans est devenue insupportable. Les attaques des djihadistes sont incessantes et obligent les survivants à chercher le large. Des terres fertiles sont dévastées par ceux « qui veulent apporter la bonne parole. » Un cercle vicieux qui ne peut que déboucher sur le désespoir et sur la mort. Le pire dans tout cela est l’arbitraire. Ce qui est contraire à l’Islam, où il n’est nul part question de ruiner des populations entières, de leur faire vivre l’horreur. Et nous ? Envoyer des soldats ? Cela n’empêchera pas la folie d’évoluer, mais que reste-t-il à faire d’autre pour donner une trêve à des gens soumis à la peur ? Les ONG pourront certes améliorer l’ordinaire, mais elles ne sont pas un rempart efficace contre le fanatisme. Tant que l’action des fondamentalistes sera considérée comme une lutte contre les anciens colonisateurs, l’autodéfense laissera à désirer. C’est aussi pour beaucoup la recherche d’une vie en marge du matérialisme, la recherche de nouvelles valeurs. Personne n’a réussi jusqu’à ce jour à trouver un argumentaire convaincant pour les autochtones. Ils ont pour la plupart du temps à faire à des gouvernements corrompus, à des administrations complètement paralysées. L‘ État pour eux est un nid de vipères. Des terroristes somaliens ont attaqué un bus au Kenya en tuant 28 personnes et ceci pour instaurer une république islamique. Ce scénario se répétera ailleurs. Et les populations ? Elles ont dans bien des cas jeté l’éponge et pensent que la violence est un signe du destin. La raison pour laquelle l’Islam gagne du terrain. Pas l’Islam humaniste que nous connaissons, mais celui issu de la nuit des temps.

 pm

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/11/22/au-kenya-les-passagers-d-un-bus-assassines_4527641_3212.html

Pierre Mathias

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