Dans quelques heures se déroulera à Paris une marche contre le terrorisme. Autour de François Hollande seront présents Angela Merkel et d’autres dirigeants européens. L’occasion de marquer son opposition au terrorisme international qui fait de plus en plus de ravages. Un hommage au courage républicain des morts de Charlie hebdo. Une manifestation pour le renforcement de la liberté d’expression et avant tout pour les droits de l’homme. La tragédie de Paris nous concerne tous. Elle démontre que chacun à le devoir de lutter pour des valeurs qui sont devenues normales en Europe. Est-ce vraiment le cas ? Nous oublions souvent quels ont été les antécédents pour les imposer. Le prix a été très élevé pour nous délivrer de la mainmise de l’absolutisme. Le fondamentalisme nous démontre quelle sorte de société nous serait imposée si nous ne défendions pas à corps et cris la démocratie. La discrimination n’est pas seulement d’origine islamique, elle peut s’instaurer partout et à tout moment. Nous sommes vulnérables parce que beaucoup d’entre-nous ne se sentent pas à l’aise dans leur peau. Le malaise se répand comme une traînée de poudre et nous paralyse. Dans une telle situation la peur est mauvaise conseillère. Elle nous pousse à des actions injustes, finalement aussi à la violence. Je pense que cela devrait être le message que le rassemblement de Paris devrait proclamer. La force ne se réduit pas seulement à la répression, plutôt dans une attitude digne des hommes et des femmes que nous devrions être. À une époque où les valeurs s’étiolent, un pari ! Pour combattre le terrorisme il faut tourner le dos au matérialisme, montrer plus de solidarité, ne pas se laisser aller à des actes irréversibles. Vouloir à nouveau imposer la peine de mort est un réflexe nocif. Il prend en considérations des instincts vengeurs qui seraient comparables à ceux de l’État Islamique par exemple. Cela serait se mettre à son niveau. Madame Le Pen devrait y réfléchir au lieu de faire de la polémique électorale. Ce qui se passe là est tout simplement de l’opportunisme. Le combat mené depuis des décennies par Charlie hebdo ne va pas dans cette direction. Il est la démonstration d’une pensée libertaire qui rejette le joug exercé par tous pouvoirs totalitaires. La marche de ce dimanche n’est pas seulement un hommage, c’est plutôt un appel à tous les européens pour qu’ils ne se laissent pas entraîner dans la dépression. L’histoire a démontré que dans de telles situations le danger de sombrer dans l’irrationalisme et la violence est à portée de main. Des personnages sinistres comme Adolf Hitler en ont profité. Ne nous laissons surtout pas provoquer !

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/01/09/plusieurs-chefs-de-gouvernement-europeens-participeront-a-la-marche-republicaine_4553003_3214.html

Pierre Mathias

Non, Charlie hebdo n’abdiquera pas ! Un numéro spécial paraîtra dans quelques jours à Paris et ceci avec un tirage d’un million d’exemplaires. Surtout ne pas se laisser dicter son attitude par la terreur ! Ce serait le plus mauvais message à propager envers la démocratie et la liberté d’expression. Il est temps que notre société toute entière se reprenne en main et ceci en dehors de toutes polémiques. Réclamer la réintroduction de la peine de mort comme le fait Madame Le Pen est un mauvais message. Ce n’est en aucun cas le bon moyen d’enrayer la violence. Les terroristes ne se laisseront pas intimider par de telles mesures, comme ils le démontrent chaque jour de par le monde. Ils sont prêts à mourir pour une cause qu’ils nomment sainte. La priorité absolue est de garder son calme, même si cela n’est pas simple. Démontrer que nous n’avons pas peur et que nous sommes prêts à lutter contre l’obscurantisme, qu’il soit de droite ou provenant des islamistes, a la priorité absolue. Charlie hebdo démontre la voie à suivre. Ne surtout pas céder à la facilité ! La ratonnade des musulmans, comme certains le suggèrent, serait un signe d’immaturité. Ce serait se mettre au même niveau que les assassins ! Churchill a démontré que pour vaincre l’absolutisme, qu’il soit mental ou politique, il faut garder contenance. Ne surtout pas laisser donner libre cour à ses émotions. C’est ce que j’attends de la part du peuple de France. Attiser la haine aboutirait à une désintégration complète des valeurs pour lesquelles nous nous battons. Je sais, je réclame presque l’impossible, mais il me revient à l’esprit l’attitude des Espagnols et des Norvégiens dans des situations identiques. Au lieu de se laisser aller à commettre des pogroms, les deux peuples se sont ressaisis rapidement et ont démontré ce que la solidarité peut faire dans de telles situations. La polémique du FN est plus que néfaste. Elle creuse encore plus les fossés, qui sont déjà trop profonds. Elle attise l’intolérance et donne à des voyous du vent en poupe. Mettre le feu à des mosquées n’est pas seulement criminel, ce serait le début d’une désintégration complète de notre société. Ne pas baisser les bras ne consiste pas à se venger contre des innocents, juste parce qu’ils ont la mauvaise couleur de peau ou qu’ils vénèrent le prophète. Au contraire il faut les prendre par la main et les intégrer encore plus dans le quotidien. Pourvu que cet horrible attentat soit une source de réflexion, non pas un retour à la barbarie. Chaque citoyen peut y apporter sa contribution et ceci en brandissant des crayons pour démontrer que seule l’âme peut nous sortir de l’affreux marasme où nous trouvons.

pm

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/08/charlie-hebdo-sortira-mercredi-prochain_4551899_3224.html

Pierre Mathias

Martin Schulz, le président du parlement européen a condamné l’attitude de l’Allemagne envers la Grèce. Les divers scénarios de sortie de la zone euro sont à son avis peu opportuns. Il est à craindre que l’effet sur les électeurs soit négatif et que par dépit ils votent pour le parti d’extrême-gauche Syriza. Alexis Tsipras a déclaré qu’il remettait en question la politique d’austérité que l’UE et le FMI imposent à son pays. La pression exercée par Berlin peut être considérée comme un coup de fusil en arrière. Il n’est pas étonnant que les citoyens soient irrités par de tels propos. Je sais, j’ai déjà écrit un article à ce sujet, mais le danger d’une telle situation me force de réagir à nouveau. D’après les statuts de la zone euro, personne ne peut obliger un pays à la quitter. Pour y arriver il faudrait couper tous les fonds, étouffer tout un peuple. Cela ne correspond en aucune manière à la pensée européenne. Mais subir un chantage n’est pas acceptable. Dans ce sens je donne raison à Madame Merkel. Il ne peut pas être acceptable qu’un mauvais créancier décide de lui-même de ne plus payer ses dettes. Au lieu de brandir un glaive, il serait mieux de faire un peu de pédagogie, de démontrer aux grecs que la voie qu’ils pourraient emprunter les conduit tout droit dans un marasme bien pire que la situation actuelle. Il semble que Berlin soit prêt à négocier avec Alexis Tsipras. Dans ce sens l’interview de Martin Schulz a fait effet. On se rend compte que la solution ne peut pas résider dans un retour au drachme. Qu’il en va de l’intégrité de toute l’UE. D’un autre côté sans un espoir d’une amélioration de la situation, les électeurs ne pourront pas être convaincus de continuer à tenir le coup. Il ne faut pas oublier qu’une génération entière est en train de s’enliser, que les perspectives professionnelles sont au point zéro. Cela implique que des familles entières coulent. Il est absolument insupportable que la faim règne de plus en plus. C’est la raison pour laquelle, que cela nous plaise ou non, il faut investir dans ce pays, qui est à la base de toute notre culture, où la démocratie moderne a vu le jour. L’argent ne doit pas tout dicter. Ce serait un aveu d’échec pour nous tous. Il est nécessaire que nous retrouvions les valeurs humanistes qui devraient nous guider. N’oublions jamais qu’une désintégration de l’UE pourrait mener tout droit à des guerres, comme le continent a toujours vécu au long de son histoire. Grexit ? Cela pourrait être un premier dans cette direction. Mieux supporter les dettes que de se retrouver dans une Europe déchirée. Mais aussi la population grecque devrait réfléchir, ne pas se soumettre à la colère. Dans trois semaines nous verront où nous en sommes.

pm

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/01/07/le-president-du-parlement-europeen-denonce-l-attitude-de-berlin-face-a-athenes_4550386_3234.html

Pierre Mathias

Non, je ne me laisserai pas intimider ! Pour moi la libre parole est le bien le plus précieux de la démocratie. L’affreux massacre à la rédaction de Charlie hebdo ne me musellera pas ! Ce serait me renier ! Tout journaliste doit prendre position, montrer qu’il ne se plie pas face aux menaces! Douze morts, dont quatre caricaturistes de grand talent et deux policiers, dont un a été exécuté froidement, est l’affreux bilan de cet attentat. Les terroristes espèrent diviser la France, y instaurer la discorde. Si on en croit les rassemblements spontanés de hier soir il ne peut pas en être question. C’est dans les épreuves que la République montre sa grandeur. L’occasion de prendre conscience des valeurs de la démocratie, de la liberté ! Il serait temps d’arrêter les discordes et plutôt trouver ce qui nous rapproche. C’est le but des terroristes de semer la haine. Dans un tel contexte il est indispensable de ne pas faire l’amalgame entre l’islam et l’islamisme. La très grande majorité des musulmans condamnent la violence car elle est étrangère au Coran. Ne nous laissons pas entraîner dans la polémique et dans le racisme. Essayons de tendre la main à tous ceux qui vivent dans la crainte d’être mis à l’écart. Il faudra faire des efforts des deux côtés pour enfin rebâtir une société aujourd’hui fortement ébranlée. Le nom des trois terroristes a été identifié, deux d’entre-eux courent toujours. Des hommes des banlieues atteints pas le virus fondamentaliste. Ils ont combattu probablement dans les rangs de l’État islamique et sont de ce fait fanatiques. Ils ne connaissent pas de pitié. Des êtres désaxés par rapport aux communs des mortels. Comment a-t-on pu en arriver là ? Ce sont souvent des jeunes rejetés par une majorité de citoyens qu’ils considèrent comme étant des parasites. Cela les a mené à la révolte. Dans la violence ils croient trouver une raison de vivre, de croire et se sentent revalorisés. On leur bourre la tête avec des slogans. Tous leurs agissements sont menés pour la bonne cause, pour Allah ! Mais ce ne sont pas les seuls. Comme les meurtres de la NSU en Allemagne l’ont démontré, les fous de l’extrême-droite sont aussi capables de tels agissements. C’est l’idée de l’homme supérieur qui les guide. Je crains fort qu’une telle mouvance puisse voir le jour en France. Dans ce cas on s’acheminerait vers une guerre civile. J’espère que ce massacre fera réfléchir bien des citoyens. Veulent-ils sacrifier nos valeur au nom de l’obscurantisme ? L’histoire a démontré que son aboutissement est le camp de concentration, la ratonnade puis l’élimination d’ethnies toutes entières. Est-ce la solution ?

pm

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/07/attaque-au-siege-de-charlie-hebdo_4550630_3224.html

Pierre Mathias

Le Ter à un euro généralisé dans tout le Languedoc-Roussillon. Le trajet en train de Nîmes à Perpignan passe pour un aller de 32 euros à un euro et ceci pour 1.300 billets par jour. Je trouve cette mesure tout à fait légitime. Elle encourage les gens à laisser leur voiture au garage. Pour l’environnement c’est une très bonne mesure qui pourrait servir d’exemple. Il faut enfin que nous nous rendions compte qu’un avenir plus respectueux de la nature est une question de survie. Les dommages provoqués par le réchauffement climatique coûtent bien plus chers que des voyages au rabais. Le CO2 propulsé dans l’atmosphère n’est pas une bagatelle, comme certains le pense. Bien sûr les effets de la crise n’incitent pas à la réflexion. Ce n’est qu’en prenant de telles initiatives qu’il sera possible de sensibiliser les gens. Il y a quelques jours je m’en suis pris à l’augmentation des tarifs de la SNCF que je trouve encore aujourd’hui exagérés. 3% n’est pas le signe qu’il faut donner. En incitant les voyageurs à se familiariser avec le train, il est possible de trouver de nouveaux clients à longue durée. Le retrait de son permis pour deux mois a obligé un ami à changer d’habitudes. Il a pris goût de se retrouver dans un compartiment, où il peut travailler tranquillement et ainsi gagner beaucoup de temps libre. On oublie trop souvent que les trajets effectués en voiture peuvent être une astreinte à la liberté. Des heures perdues sur les routes qui doivent être rattrapées au détriment de la famille ou de ses hobbys. Et tout cela dans l’illusion de se mouvoir plus facilement. Il évident que le train a aussi ses astreintes. Il faut se soumettre à un horaire, prendre en considération les retards ou les grèves. Mais en est-il vraiment autrement sur la route ? Les embouteillages ne causent pas vraiment du plaisir. Les risques d’accidents sont diablement plus élevés que dans un train. Le stress peut être compensé par une heure ou deux de sommeil en plus. S’endormir au volant n’est pas recommandable. Des raisons individuelles de saluer une décision sage. Le conseil régional du Languedoc-Roussillon a été un précurseur. Cet exemple devrait être suivi par d’autres. En période de crise où toutes dépenses supplémentaires peuvent faire vaciller le budget familial, une telle initiative peut générer un meilleur avenir professionnel. La mobilité doit être financée, mais par qui ? Comment trouver du travail si tous déplacements sont une utopie ? Les collectivités ont le devoir de les rendre possible. Avec un euro personne ne peut se débiner !

pm

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/01/05/le-ter-a-1-euro-generalise-dans-tout-le-languedoc-roussillon_4549607_3234.html

Pierre Mathias

Contrairement à l’avis pour l’instant non confirmé du gouvernement allemand, je crains fort qu’un départ de la Grèce de la zone euro puisse faire effet de domino. La position de l’opposition n’est pas si éloignée de celle de certains pays en difficultés, qui souffrent de la récession. Si Alexis Tsipras devenait le premier ministre et déclarait caduque la rigueur budgétaire, la position des créanciers devrait s’y adapter. Ils devraient se déclarés prêts à accepter une remise partielle de la dette, une pilule dure à avaler. Certains de ses arguments ne sont pas tout à fait injustifiés. Avec une économie ruinée, avec plus de 27,7% de chômeurs, la Grèce ne pourra dans les conditions actuelles jamais rembourser les sommes astronomiques qui lui ont été accordées. Sans une relance il ne peut y avoir de solutions. Aujourd’hui on en est plus éloigné que jamais. La preuve que la « méthode allemande », qui consiste à faire tout d’abord le ménage budgétaire avant de de réinvestir dans une économie sinistrée, n’est pas la solution pour la Grèce. À part le tourisme, elle ne possède pas de « locomotives » pouvant générer des profits. Il faudrait tout remettre à plat pour arriver à une autonomie financière. La plupart des économistes sont d’accord que dans les conditions actuelles ce n’est pas possible. Revenir aux drachmes pourrait avoir un effet momentané. Il permettrait grâce à une forte dévaluation d’attirer de « nouveaux clients ». Mais pour les importations, qui sont vitales pour l’expansion de l’industrie, les prix seraient tels, qu’elles seraient caduques. Quelles seraient les entreprises qui pourraient encore acheter des machines-outils ? Sans parler du prix du pétrole ! Attendre avec un changement de devises un miracle est carrément naïf. Et les dettes ? Elles ne cesseraient d’augmenter. Alexis Tsipras le sait parfaitement. C’est ce qui lui permet d’exercer une pression sur les pays partenaires de l’UE. Qu’on le veuille ou non, il faudra négocier. Peut-être l’occasion de trouver enfin un nouveau mécanisme. Il est intéressant de constater qu’une grande majorité de Grecs ne veulent pas abandonner l’euro. Les acculer dans un cul-de-sac en faisant circuler des bruits, ne les convaincra pas de changer d’option politique. Je crains que par dépit ils votent pour l’enfant terrible de leur nation. Une chose devrait être aussi évidente à Madame Merkel : quand on a le ventre creux, on ne peut pas réagir autrement que d’une manière émotionnelle. Faire entendre la raison est un acte presque impossible. Si Alexis Tsipras leur promet un avenir meilleur, ils le croiront. Tous ceux qui les ont gouverné jusqu’à présent ont à leurs yeux échoués. Comment leur faire croire que ces mêmes personnes pourront les sortir d’affaire ? Mais il y aussi un fait objectif : l’UE et le FMI devront faire des compromis s’ils veulent arrêter la débandade. Cela aura des conséquences pour l’avenir de l’Europe toute entière. Le leader de gauche le sait parfaitement. C’est ce qui rend sa position si équivoque. Vouloir l’éradiquer du parquet diplomatique est une utopie. C’est ce qui rend sa position aussi forte. On aurait jamais dû en arriver là. C’est là que je vois l’échec d’une politique voulue et inspirée par Berlin.

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/01/04/l-allemagne-envisage-a-nouveau-la-sortie-de-la-grece-de-la-zone-euro_4548942_3214.html

Pierre Mathias

Un sixième djihadiste de Lunel, une petite ville du département de l’Hérault, a été tué en Syrie. Il était à peine plus âgé de vingt ans. S’est-il laissé influencer par la propagande islamiste ou a-t-il eu d’autres raisons de jouer au Kamikaze. L’occasion pour moi de réfléchir aux causes qui poussent de plus en plus de jeunes vers l’extrémisme. Il en est de même pour ceux qui rejoignent des groupuscules nazis ou autres. Les jeunes se rendent parfaitement compte du déclin des valeurs de notre société. À la longue le matérialisme ne peut pas compenser l’idéalisme, même si ce dernier peut aller à la dérive. Les signes de décadence sont évidents. Où sont les projets qui peuvent enflammer la jeune génération ? Qui est encore prêt à prendre des risques ? Il n’est plus question que « de son petit confort », ce qui favorise la léthargie et l’ennui. Prendre les armes et aller combattre à l’étranger ou mettre le feu à des mosquées comme c’est le cas en Suède, est diablement plus fascinant que de se remplir la panse. Mes propos sont ironiques. Je condamne toutes formes de violence et d’intolérance, mais il est inutile de parler constamment de la paix sans faire une analyse de fond. Une fois de plus je crois que la plupart des hommes ont besoin des guerres pour faire table rase de tous leurs petits soucis. C’est plus que désolant. Le pacifisme est une vue de l’esprit qui ne correspond probablement pas à la nature humaine. Elle est faite de combats, d’injustices. Une seule chose compte : s’en sortir individuellement et ceci peu importe les conséquences qui s’ensuivent. Il y a de quoi devenir cynique ! Le phénomène n’est certes pas nouveau. Pourquoi parle-t-on de l’art de la guerre ? Même Platon s’en préoccupe. Est-ce une vertu de détruire, de blesser ou de tuer ? À mes yeux plutôt une malédiction profondément ancrée en nous. Les jeunes gens de Lunel ont été probablement perturbés par leur manque d’assise dans notre sociétés. Ont-ils eu un problème d’identité ? Ont-ils voulu le compenser par un combat qui leur semblait juste, enfin sortir d’une paralysie mentale. Mais ceci dans un mauvais sens! Comme les néonazis de la NSU en Allemagne qui ont massacré des personnes issues de l’immigration. Ce n’est pas la bonne méthode de s’affirmer. Il serait temps que les pédagogues se penchent plus sur ce problème. L’école peut jouer un rôle de taille ainsi que les agents sociaux. Ce n’est pas par la répression que les problèmes pourront être réglés. De l’autre les parents portent une responsabilité. Souvent le déséquilibre chez les enfants est provoqué par des familles vivant la crise. Ce n’est pas une obligation, mais les statistiques dans ce domaine sont évocatrices. Si nous ne trouvons pas de nouveaux paramètres, la haine s’instaurera de plus en plus. Il est grand temps d’agir !

pm

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/01/03/un-sixieme-jeune-djihadiste-de-lunel-mort-en-syrie_4548871_3218.html

Pierre Mathias

Mesdames, tenez vous à carreau ! Le ministre turc de la santé a décrété que la maternité est la seule carrière possible pour les femmes. Il répète ce que son président pense également. D’après Recep Tayyip Erdogan l’islam ne peut pas admettre l’égalité. Il ne va pas encore aussi loin que les talibans qui prétendent que les femmes n’ont besoin d’aucune formation scolaire, mais il doit le penser secrètement. Kemal Atatürk en attraperait de l’urticaire, lui qui préconisait une Turquie moderne, ouverte sur le monde d’aujourd’hui. C’est là qu’il est possible de mesurer le ravage que le fondamentalisme cause de plus en plus. Voulons-nous revenir à une société médiévale où toute forme de libéralisme était considérée comme l‘œuvre de Satan ? Je suis le premier à me réjouir de la maternité, mais elle doit être consentie, non pas être un dogme. Le rôle de la femme est d’une importance vitale pour notre société. Sa contribution nous amène beaucoup plus loin et ceci dans tous les domaines. Monsieur Erdogan et ses condisciples devraient maudire Angela Merkel d’avoir osé prendre la place d’un homme à la tête d’une nation. Ne s’est-il pas aperçu que des femmes dirigent des multinationales, qu’elles sont souvent à la pointe de la recherche ou qu’elles exercent des métiers d’arts avec un charme inégalé. Lorsqu’elles font vivre leurs familles, personne n’y trouve rien à redire. Devraient-elles être dans les yeux de ces messieurs des esclaves ? Des putes qu’on peut à tout moment violer légalement ? Et si elles le refusent, les lapider tout simplement. Est-ce cela qu’ils désirent ? Ils ne l’avoueront jamais ! Non, ils se considèrent comme étant plus ouverts que les Saoudiens ou tous les émules de l’État Islamique. C’est ce qui rend leur démarche suspecte à mes yeux. Dieu sait si j’étais pour une adhésion de la Turquie à l’UE, mais je ne pense pas qu’il soit possible de l’accepter dans les conditions actuelles. Ce qui se passe là-bas est en opposition totale à la charte des droits de l’homme comme nous la concevons. Faire des femmes des machines à enfanter est l’expression même du cynisme. Des paroles qu’on ne peux pas ignorer. Dans un tel cas il faut dire haut et fort ce que nous pensons d’une telle prestation. J’ai bien peur que pour des raisons diplomatiques le silence sera une fois de plus de mise. Je respecte les lois du Coran, mais elles doivent être adaptées à notre temps. En affirmant de telles absurdités il ne faut pas être étonné que l’intolérance gagne de plus en plus de terrain. Ce que fait le ministre de la santé est de la provocation pure et simple. Il sait qu’il attise ainsi le feu en particulier en Allemagne, où de plus en plus de conservateurs de droite veulent sauver les valeurs de l’occident. Aussi de l’eau sur le moulin du FN. Tout cela mène tout droit à l’extrémisme. Il y a de quoi vomir ! Ces prophètes n’ont-ils pas remarqué le danger ? Peut-être veulent-ils la guerre !

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/01/02/pour-le-ministre-de-la-sante-turc-la-maternite-est-la-seule-carriere-possible-pour-les-femmes_4548599_3214.html