Des connaissances allemandes m’ont parlé des réticences qu’elles ont quant à un engagement militaire de leur pays en Irak. « Il ne faut pas oublier notre passé. Il nous oblige à rester neutre. » Elles rejettent aussi la livraison d’armes, qui à leurs yeux, ne peut que pervertir ceux à qui elles sont destinées. Je suis d’un autre avis et leurs ai dit. Ce qui se passe sous un soleil de plomb est un génocide, un meurtre collectif. Et ceci au nom de leur foi, de leur justice ! Tout en respectant d’autres croyances, je ne vois pas d’autres solutions que de combattre une telle hystérie par les armes. Nous ne pouvons pas rester neutres ! Se cacher sous le couvert du pacifisme me semble pervers, lâche. Je suis rassuré que des politiciens comme Angela Merkel ou Sigmar Gabriel ont donné le feu vert à une aide militaire. C’est d’une importance vitale pour les droits de l’homme, issus de la Révolution. Rester inerte serait se nier soi-même. Nous aussi avons des idéaux à défendre, à faire valoir. L’humanisme ne signifie pas se taire, au contraire. Il est rassurant de savoir que le barrage de Mossoul a été repris. Sans l’aide des USA cela n’aurait pas pu se passer. Les populations concernées auront un répit, même si la guerre n’est pas gagnée. Sans l’apport de la République Fédérale, l’Europe toute entière se désavouerait. Les bonnes paroles ne suffisent plus. Seule l’action permettra de sauver des milliers de gens. Aussi leur dignité !

 pm

http://www.liberation.fr/monde/2014/08/17/irak-kurdes-et-tribus-sunnites-contre-attaquent-face-a-l-avancee-jihadiste_1082092

 Pierre Mathias

Ce soir se retrouveront à Berlin les ministres des affaires étrangères de la Russie, de l’Ukraine, de la France et de la République Fédérale. Le but recherché est de trouver une solution pour désamorcer la situation autour de Donetsk. Vous me direz avec raison qu’il vaut mieux prendre une tasse de thé ensemble que de se tirer dans les pattes. Je suis du même avis, mais dans ce cas-là je ne vois pas de solutions. Personne n’est prêt à laisser des plumes. Les protagonistes camperont sur leurs positions et ne feront pas de concessions. La loi du talion est le seul langage employé. Tant qu’il y aura un status quo, pourquoi se plier aux exigences de l’adversaire ? Faut-il attendre que l’Est de l’Ukraine soit transformé en une terre brûlée, que des milliers de morts jonchent les routes, que des quartiers entiers soient en ruines ? Cela se passera si la diplomatie ne réussit pas l’impossible. J’ai de grands doutes qu’elle arrive à calmer les esprits. Dans de tels cas je me pose toujours la question de savoir pourquoi les hommes ne comprennent pas, qu’une guerre génère uniquement des perdants. L’histoire l’a démontré ! Mais je crains qu’avec de tels arguments je n’arrive pas à sensibiliser les acteurs de ce drame absurde. Comme des coqs de combat, ils veulent en découdre. Comme des machos qui craignent perdre la face envers leurs maîtresses. Ils pourront en débattre lors du small talk.

 pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/08/16/accord-entre-moscou-et-kiev-sur-les-modalites-du-passage-du-convoi-humanitaire-russe_4472524_3214.html

Pierre Mathias

La situation semble se détériorer à l’Est de l’Ukraine. Il est question d’une incursion armée de la part des russes sur le territoire que les séparatistes détiennent actuellement. Cela ne présage rien de bon. Un incident que Moscou nie évidement. Ne nous faisons pas d’illusions, les efforts de paix seront probablement caduques, car la tentation de récréer un empire, tel qu’il existait au temps des soviets est omniprésent, les sondages le démontrent bien. Vladimir Poutine se trouve au sommet de sa popularité. Mais il ne doit pas pour autant ignorer qu’une majorité de son peuple rejette une intervention armée. Et nous à l’Ouest ? Nous nous sommes faits piéger. La volonté d’aider l’Ukraine à sauvegarder son indépendance est limitée. Sommes-nous prêts à nous lancer dans une aventure pour un pays, qui par bien des aspects, nous semble aussi étranger que la Russie ? Force de reconnaître que Kiev pour la plupart d’entre-nous ne fait pas partie de notre univers. Poutine le sait bien et c’est la raison pour laquelle il agit de la sorte. Mais indépendamment de ces considérations, il faudrait à tout prix trouver une solution. Dans l’état actuel des choses, cela semble impossible. Je ne crois pas qu’une autonomie régionale puisse changer quoi que ce soit. Il est trop tard. Trop de sang a été déversé pour obtenir de la population un assentiment. Personne ne doit perdre la face, une utopie si on veut que les armes se taisent. D’où les provocations pour attiser la haine. Pauvre Ukraine !

 pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/08/15/combats-et-bataille-de-com-a-la-frontiere-entre-l-ukraine-et-la-russie_4472311_3214.html

Pierre Mathias

Un grave coup de frein : la croissance bat de l’aile en Allemagne comme en France. La situation mondiale est à tel point tendue, que les investisseurs craignent pour leur argent. Personne ne peut dire aujourd’hui où nous allons. Au lieu de tabler sur l’optimisme, la morosité gagne du terrain. Il est reconnu que la psychologie joue un rôle essentiel lorsqu’il s’agit de faire redémarrer un outil industriel. En France, un pays d’habitude combatif, un grand nombre de citoyens semblent avoir jeté l’éponge. Cela en contradiction complète avec l’esprit qui régnait au sein de la Résistance. La situation était diablement plus grave qu’aujourd’hui. La question peut se poser, si la consommation a fait de nous des mollusques ? Au lieu de prendre le taureau par les cornes, nous nous trouvons au pied du Mur des Lamentations. Je deviens agressif lorsque j’entends les plaintes autour de moi. Il est facile de fustiger le Président au Café du Commerce, le rendre responsable de tous les maux. Mais si on a le malheur de dire que tout essor part d’un effort personnel, les interlocuteurs « tirent la gueule ». Le message n’est pas passé, qu’une Marine Le Pen aurait les mêmes problèmes. Si la France devait fermer ses frontières, se transformer en un île épargnée par la tourmente, elle se trouverait rapidement dans la situation de la Corée du Nord. Rejeter l’euro est à mes yeux une idiotie. Ce n’est qu’en coopérant avec les autres nations, que nous pourrons nous refaire une santé. La croissance n’a pas besoin de populisme pour redémarrer. Il lui faut un peu de confiance et c’est là qu’il y a un manque.

 pm

http://www.liberation.fr/economie/2014/08/14/la-croissance-francaise-reste-immobile-au-deuxieme-trimestre_1080525

Pierre Mathias

Chaque été des alpinistes décrochent dans le massif alpin et se tuent au bas de pentes vertigineuses. Des familles entières sont entraînées dans le désespoir, parfois même dans la précarité. Et ceci pour une passion, celle de la varappe. On est en droit de se poser la question, si de telles excursions sont légitimes, si le risque n’est pas démesuré ? Faut-il interdire pour autant l’alpinisme ? Je n’irais certes pas jusque là, mais force est de constater, que beaucoup de montagnards en herbe ne sont ni équipés, ni ne jouissent d’une expérience adéquate pour se risquer ainsi dans les massifs alpins. Ont-ils pensé aux secouristes qui au détriment de leur vie, feront tout pour les sauver ? Je trouve que le prix d’un tel loisir est bien élevé. Et cela pour se surpasser. Est-ce de la vanité ? Même accompagné d’un guide, une telle randonnée n’est pas une partie de plaisir. Je me souviens des récits d’un de mes professeurs qui a escaladé quelques sommets dans l’Himalaya. Pour lui l’alpinisme était un pari contre la mort. Il l’incluait dans sa passion et souhaitait mourir en montagne. Ce qui aurait pu paraître cynique, était en fait une drogue. Son souhait a été exhaussé. Une crise cardiaque l’a terrassé après avoir réussi d’escalader en solitaire la face nord de l’Eiger. Une option pour lui ! Est-elle à la hauteur d’un plan de vie ? Ou a-t-il joué à la roulette russe ?

pm

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/08/13/six-alpinistes-ont-disparu-pres-de-chamonix_4470841_3224.html

Pierre Mathias

Lorsque le président des USA prétend vouloir intervenir avec des frappes aériennes pour sauver les yézidis et les chrétiens d’un éventuel massacre, il dit qu’une demi-vérité. N’oublions pas que le Kurdistan est très riche en or noir. Des compagnies pétrolifères américaines les exploitent et en tirent un gros bénéfice. Une fois de plus l’argent occupe la première place, non pas l’humanitaire. En Syrie les occidentaux n’ont pas été très présents pour éviter un génocide. Pour cause ! Les sous-sols sont plus ou moins stériles et ne représentent guère de plus-value. Une réalité que j’ai du mal à accepter. L’humanité n’est guère reluisante lorsqu’on réfléchit à ces injustices. Les djihadistes n’ont sûrement pas changé de méthode en passant en Irak. Le fait est que personne n’a enregistré leurs crimes comme c’est la cas maintenant. Cela ne m’empêche pas d’approuver les ripostes aériennes. Je regrette seulement que cela ne se soit pas passé plus tôt. Non, nous ne pouvons pas fermer les yeux lorsque le fanatisme bafoue les principes même de l’humanisme. Notre rôle est d’enrayer tout dérapage. Bien sûr, cela nous regarde ! Je pense qu’il faut apporter une assistance militaire au kurdes et les soutenir dans leur lutte. N’oublions pas que les troupes du califat se composent aussi d’éléments européens, d’hommes venant des banlieues. Raison de plus de combattre le fanatisme. Si nous restons les bras croisés, il risque un jour de s’instaurer sous nos latitudes.

pm

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/08/12/la-syrie-en-guerre-accueille-1-000-familles-de-refugies-fuyant-l-irak_4470547_3218.html

Pierre Mathias

Michael Brown, un jeune noir de 18 ans, a été abattu par balle par un policier de la ville. Un crime considéré par beaucoup de nature raciste. Lorsqu’on observe ce qui se passe dans le cadre pénal aux États Unis, il est parfaitement légitime de se poser la question s’il n’y a pas deux poids et deux mesures. Les faits sont évidents : les prisons sont surpeuplées de détenus de couleur ; il en est de même pour les candidats à la peine capitale. Mais soyons justes : le niveau social des noirs est bien inférieur à celui des blancs. L’incitation à la criminalité est dans bien des cas provoquée par l’inégalité des chances. Pour enrayer un temps soit peu ce phénomène, il faudrait donner des chances identiques à tous les citoyens, quelle que soit leur origine. On en est loin. Il serait injuste d’accuser seulement les forces de l’ordre, même si leur agissement est parfois discriminatoire. C’est la société qui doit changer. Mettre un président noir à la tête du pays est une chose, provoquer un élan rénovateur une autre. Mais dans tout cela il y a une évidence. Les USA n’ont plus une majorité blanche issue de l’immigration européenne. Les communautés hispaniques et les noires prennent de plus en plus de poids. C’est donc au niveau des communes qu’il s’agira de changer les mentalités. Une opération titanesque qui ne pourra pas se faire d’un jour à l’autre. Pourquoi ? Parce que les blancs de sentent acculés. Et que fait une bête dans une telle situation ? Elle devient agressive. Dans une telle perspective l’avenir n’est pas prometteur.

 pm

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/08/12/nouvelle-nuit-d-emeutes-dans-le-missouri-apres-la-mort-d-un-adolescent-noir_4470239_3222.html

Pierre Mathias

Ce qui se passe en Irak est incompréhensible pour un simple citoyen comme moi. Le premier ministre chiite Nouri Al-Maliki s’accroche au pouvoir et refuse de constituer un gouvernement d’union nationale incluant aussi bien les sunnites et les kurdes. Le président Fouad Masoum est bien conscient que sans un consensus la situation se détériora de plus en plus. La vanité ne fait pas halte devant le génocide qui se déroule actuellement dans les territoires conquis par l’État islamique. Que les « fous de Dieu » enterrent des enfants et des femmes respirant encore, ne semble pas les gêner outre-mesure. Ce n’est pas seulement désolant, c’est scandaleux ! L’humanité toute entière devrait réagir, mais ne le fait pas vraiment. Au lieu de trouver des solutions à Bagdad, les politiciens se tirent dans les pattes. Il est temps que Nouri Al-Maliki prenne son chapeau. Il a échoué sur toute la ligne, mais ne veut pas le reconnaître. Son attitude est représentative en ce qui concerne le cynisme de certains politiciens. Et le peuple ? On s’en fout… C’est ce qu’il fait bien comprendre à ses détracteurs. Dans de telles conditions il ne peut y avoir de l’espoir. Cela démontre où peut mener la soif de pouvoir : à la mort de milliers d’innocents.

 pm

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/08/11/irak-le-premier-ministre-maliki-accuse-le-president-de-violer-la-constitution_4469766_3218.html

Pierre Mathias