Remplacer les bistros par des Mc Do est une idée qui ne me sied pas. Il ne s’agit pas seulement d’aller prendre un verre, mais de communiquer avec les amis du coin, de débattre avec eux de tout ce qui concerne le quartier ou le village, de parler évidement de politique, de râler sur tout et rien. Certains tape le carton, d’autres étalent leur chagrin ou leur joie. Comme habitué on participe au destin de chacun, on prend part à des pans de la vie des autres, qu’on le veuille ou pas. Le bistro est un lieu de communication plus que nécessaire en ces temps, où l’autisme gagne de plus en plus de monde. Il est une réponse contre les contacts virtuels qui menacent de nous submerger de plus en plus. Chaque établissement qui meurt, est un peu de moins de France, qu’on se le dise. Le fast food par sa nature ne pourra jamais le remplacer, car il est de par sa conception anonyme. Ce n’est pas un lieu, où on s’attarde. Peut-être le zinc non plus, mais il a tout simplement un autre but, celui de rassembler les habitants, de leur donner une sorte d’agora. Il serait à mon avis une réponse à une société de plus en plus schématisée. Lorsque je suis dans mon appartement en France, je prends tous les matin mon café au café du village. J’y rencontre des connaissances avec lesquels je parle de tout et rien, sans but précis. Mais je m’y sens bien, car j’ai l’impression de faire partie d’une entité, même si je n’habite pas de manière continue au village. J’ai l’impression d’avoir été adopté. Je considérerais la mort de cet établissement comme l’anéantissement d’un droit fondamental, celui d’être membre d’une communauté. De même à Munich, où nous nous rendons ma femme et moi plusieurs fois par semaine dans une taverne. Occasion de rompre notre solitude, celle des personnes âgées. Il ne faut pas grand-chose pour recevoir un peu de chaleur. Un contact avec la sommelière ou le garçon. Souvent un petit brin de conservation suffit pour qu’on se sente mieux.

Lorsque je suis à Berlin, comme je l’ai été ces derniers jours, la serveuse d’un établissement, où nous nous rendons régulièrement, m’a demandé hier comme je me portais, si mes douleurs se sont atténuées. Cette marque d’attention a été pour moi un baume de soleil. Et dire que maintenant de plus en plus de bistros sont les victimes des lois commerciales qui les obligent de mettre la clef sous le paillasson faute de clients. Comment est-ce possible ? Est-ce le stress auquel sont soumis la plupart des citoyens, qui ne leur laisse plus temps de faire une petite pause entre le bureau et la maison ? Et pourtant cette petite trêve peut être importante car elle est un décompresseur entre le boulot et le privé. Mais que se passe-t-il avec les femmes ? La plupart n’ont pas le temps de souffler un peu. Les enfants et le ménage les attendent. Si on creuse un peu, une discrimination. S’il y avait un peu de plus parité, peut-être que plus d’un bistro survivrait. Je dois avouer, qu’il est avant tout un endroit réservé aux hommes. Peut-être faudrait-il le démocratiser un peu, afin d’éviter les fermetures. Il y aurait du travail à faire dans ce ce sens, avant tout donner un peu plus de temps aux femmes pour qu’elles puissent souffler un peu.

pm

https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2018/11/02/le-mcdo-a-remplace-le-cafe-du-village_5378096_4497916.html

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