On ne peut pas être à la fois au gouvernement et dans l’opposition. Un pari qu’a perdu Nicolas Hulot et qui donne du fil à retordre à Emmanuel Macron. Avoir des membres alibis dans une équipe dirigeante est légitime, mais dans un cas pareil, il faut jouer le jeu jusqu’au bout et donner à un esprit frondeur comme celui de l’ex-ministre de la transition écologique et solidaire, des atouts en sa faveur. Il était évident que dès le début les conditions de réussite étaient limitées. Que ce soient le président ou le premier ministre, ces deux hommes ont des rapports privilégiés avec les lobbys de l’industrie énergétique. La sortie successive du nucléaire, comme l’aurait souhaité Nicolas Hulot, ne pouvait pas se dérouler dans des conditions propres à lui donner de la crédibilité. Des réacteurs qu’il faudrait mettre en veilleuses, marchent encore et ceci malgré le danger qu’ils représentent à cause de leur vétusté. L’influence de l’EDF, qui est presque un État dans un État, ne pouvait pas plaire à ce frondeur qu’est Nicolas Hulot. Mais il le savait avant même d’avoir endossé le costume d’un ministre. Peut-être a-t-il surestimé l’influence qu’il pouvait avoir. Un ministre de l’environnement ne peut que se profiler dans la radicalité des ses opinions. Le compromis, comme nous l’avons vécu sous son égide, est du poison. Si on a la volonté de sauver notre planète de son réchauffement, on ne peut pas y aller par quatre chemin. Il faut édicter de nouvelles normes qui ne font pas le bonheur de l’industrie automobile. Elles auront forcément des incidences sur notre mobilité. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Toutes décisions un temps soit peu raisonnable, fait et fera mal. Et c’est justement là que le bât-blesse.

Le Président ne veut en aucun cas fâcher, ni l’économie dans son ensemble, ni les consommateurs qui veulent continuer à jouir sans restrictions de la vie. L’hédonisme semble guider ses initiatives en ce qui concerne sa conception de la défense de la nature. Dans tout cela Nicolas Hulot a détonné. Pour éviter une catastrophe, il aurait dû dès le début être moins souple dans certaines des options. Il est néanmoins regrettable que sa démarche aboutisse sur un échec. J’aurais souhaité qu’il reste jusqu’à la fin du mandat présidentiel. Mais il ne sert à rien de se lamenter, il faut regarder de l’avant. Emmanuel Macron a deux alternatives. Soit il nomme un poids-lourd politique à ce poste, voulant prouver que ses aspirations dans ce domaine vont dans le sens de l’écologie dans son ensemble ; ou il fait appel à un nain, pour marquer sa détermination de freiner toutes les mesures qui devraient être prises dans ce domaine. Il est à craindre que la France fasse marche-arrière, en ce qui concerne le réchauffement climatique. Mon souhait serait que la vie prenne le dessus et qu’elle soit prioritaire. Mais dans ce domaine il y a beaucoup de pédagogie à faire. Chaque citoyen doit se rendre compte, que son sans action, rien ne se fera. Et justement dans ce domaine le départ de Nicolas Hulot se fera sentir douloureusement car il incarne une certaine France, celle dont nous ne voulons pas nous séparer. Il serait néfaste d’entamer une sorte de restauration. Il est évident que les forces traditionnelles garderont leurs prérogatives ce qui me gêne beaucoup. On ne peut pas être souverain et révolutionnaire à la fois.

pm

https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/08/28/les-enseignements-de-la-demission-de-nicolas-hulot_5347141_3244.html

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