Redoine Faïd, un braqueur de grand chemin, a pu s’évader d’une manière virtuose à l’aide d’un commando, hélicoptère à l’appui, le 1er juillet de la prison de Réau en Seine-en-Marne. Ces hommes ont profité de l’absence de filins anti-hélicoptères devant normalement être installés sur la place d’honneur. Il a aussi été constaté des insuffisances au sujet des appels d’urgences. D’après les recommandations des gardiens, Redoine Faïd aurait dû être déplacé au plus vite. Ils n’ont pas été entendus, car leur demande s’est ensablée dans les méandres de la bureaucratie. La ministre de la justice, Nicole Belloubet, dont les pénitenciers sont du ressort de ses services, a évidement déploré de tels manques et promis une réorganisation, une de plus au cours de ces dernières années. Entre les grèves des agents de surveillance et la vétusté de certaines installations, comme à Colmar, où hier se sont évadés par le toit de la prison deux prisonniers, rien ne semble vraiment marcher « dans le paradis pénitentiaire ! » De quoi attraper de l’urticaire en raison du manque de moyens financiers pour rénover tout le système. Lorsqu’il est question de taule, ce n’est pas un thème qui électrise vraiment les électeurs, comme ce serait le cas à la Gare Montparnasse. N’y a-t-il pas des dépenses plus urgentes à faire ? L’évasion est le sport de prédilection des caïds, il faut s’en faire une raison. Il y a dans cette recherche de liberté, un aspect romantique. On pense au roman d’Alexandre Dumas, le Comte de Monte-Christo. Lorsque un détenu fait la belle, le public lui témoigne une certaine admiration. Aussi les médias.

Lorsque hier soir, ramenant mon beau-frère chez lui, j’ai entendu une émission à ce sujet. J’avais l’impression que de faire la belle, était en quelque sorte les lettres de noblesse de tous hors-la-loi qui se respectent. Un délit « de légitime défense » en quelque sorte. Une manière de se dresser contre la toute puissance de l’État, de l’administration. Le rêve de chaque citoyen frustré par la charge des impôts par exemple. Cela ne rend évidemment pas facile toutes mesures draconiennes qu’on serait en droit d’attendre. Je pense, qu’avant de se poser des questions concernant le système carcéral, il faudrait revoir à zéro le sens à donner aux condamnations dans le domaine du droit pénal. Sans réinsertion tout emprisonnement est à mon avis inutile. Le but de telles mesures n’est pas seulement de mettre à l’ombre certains individus, afin qu’ils ne récidivent pas, mais d’en faire, dans la mesure des moyens, des citoyens honorables. La répression a elle seule ne sert à rien en ce qui concerne la rééducations d’êtres sortis de leurs gonds. Je pense en particulier aux jeunes, à qui il est du devoir du législateur de leur donner une nouvelle chance. De manière concrète les remettre à l’école ou leur faire suivre un apprentissage, qui leur permettrait de sortir de l’illégalité. Le trop plein des pénitenciers est la preuve que le système actuel ne freine en aucune manière la récidive. Au contraire. Tant que la prison est l’école du crime, elle n’a pas de raison d’être. En prenant sous cet aspect la misère des prisons, Nicole Belloubet attirerait l’attention d’un plus grand nombre de citoyens, qui ont peur d’aller dans la rue, dès que la nuit est tombée.

pm

https://www.nouvelobs.com/faits-divers/20180730.OBS0345/l-evasion-de-redoine-faid-due-a-une-conjonction-de-failles-de-securite.html

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