L’Assemblée Nationale aurait dû fixer une date butoir pour imposer l’interdiction du Glyphosate. Mais une fois de plus le lobby des agriculteurs a eu le dessus. Normalement Emmanuel Macron aurait voulu que son utilisation soit autorisée jusqu’en 2021, c’est à dire trois ans pour trouver des alternatives. L’UE avait, quant à elle, fixé 2023. Même pas cette date a été envisagée par les députés. C’est vraiment un coup dur contre le bon-sens. Comment accepter un produit qui pourrait déclencher le cancer ? Nous savons aujourd’hui que de surcroît ce désherbant a des conséquences néfastes sur les abeilles et sur tout le monde animal en général. Les agriculteurs rétorquent que sans ces produits, leurs terres seraient envahies d’éléments destructeurs attaquant leurs cultures. Il est reconnu chez les paysans, que le Glyphosate est efficace et qu’il épargne beaucoup de travail et de personnel. Et nous revoilà à la case de départ. Tous les problèmes partent de la surproduction des produits de base de la chaîne alimentaire. C’est la cause du dumping pratiqué au niveau des prix de ventes. Cela provoque à la bourse agricole une baisse notable des revenus. L’offre étant supérieure à la demande, les prix chutent au dépriment des agriculteurs. Pour se maintenir dans la course, les exploitants sont obligés de baisser constamment leurs prix.

Le Glyphosate étant un produit extrêmement efficace pour le désherbage, il leurs permet de rester dans la course. Comme on le voit une fois de plus, il ne suffit pas de dire « il y a qu’à… », sans réfléchir aux causes. Dans ce cas-là les consommateurs devraient accepter de payer plus à la caisse de leurs supermarchés pour se nourrir correctement. Ce serait logique s’il n’y avait pas un nombre grandissant de personnes n’ayant pas les revenus nécessaires pour se nourrir. Et croyez-moi, c’est un problème de taille, aussi pour moi qui suis un partisan du bio. Je ne peux pas accepter que des familles, notamment leurs enfants, souffrent de la faim. Cet exemple démontre qu’il ne suffit pas d’interdire, mais qu’il faut dans ce cas-là revoir tous les problèmes sociaux que cela pourrait entraîner. Il serait bien entendu adéquat d’interdire le plus rapidement possible le Glyphosate et tous les produits analogues. Aussi les pesticides et les insecticides qui sont la cause de la mort de la chaîne alimentaire des insectes et des oiseaux par exemple. Qu’il soit clair, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Et puis il y a une vérité qu’on aime pas entendre, c’est de réduire drastiquement le nombre des petites exploitations, qui ne sont pas rentables et qui ne peuvent que se maintenir grâce aux subventions. Ce serait donner à l’agriculture industrielle encore plus de poids. Cela détruirait notre terroir, nos traditions, notre culture. Comme on le voit c’est un puits sans fond. Je pense que les députés ne s’y retrouvent plus et ont préféré une fois de plus de repousser ce genre de problèmes aux calendes grecques. Au bout du compte, ce ne sont que les agriculteurs qui pourront décider quelle option ils devraient prendre. Celle de l’industrialisation ou le pari du bio, avec toutes les contraintes qu’il entraîne. Mais au bout du compte, ce sera le consommateur qui décidera.

pm

https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/05/29/l-assemblee-nationale-ne-vote-pas-de-date-pour-la-fin-du-glyphosate_5306106_3244.html

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