Il y a les municipalités quii interdisent la vagabondage, car cela ne fait pas clean. À coups de décrets on essaie d’ignorer des faits objectifs comme la pauvreté, qui finalement entraîne la mendicité. C’est fermer les yeux sur ce qui peut être considéré comme étant une lame de fond. Et quand de braves citoyens parlent d’eux comme étant des fainéants, refusant de mettre la main à la pâte, cela peut devenir particulièrement sordide. Comme si le fait d’avoir le ventre vide est une partie de plaisir. Et quand ces derniers essaient d’oublier en vidant des bouteilles de vin bon marché, les bourgeois parlent de vermine. Mais par contre lorsque les mendiants attendent les sorties d’Église le dimanche, ils peuvent compter sur la charité des fidèles, croyant faire ainsi une bonne action qui sera comptabilisée dans le grand livre de Saint-Pierre. On se paie ainsi une place au paradis. C’est la raison pour laquelle les médias organisent des émissions de bienfaisance. Il en va moins des intéressés, que de ceux « qui se sacrifient » pour des raisons d’image.

Un exemple : Mc Donald finance et organise des centres de logement pour des enfants devant subir des soins intensifs en oncologie, comme les rayons ou la chimio-thérapie. Ils sont réservés à des petits, habitant trop loin d’un centre spécialisé. Des éducateurs ainsi qu’une infrastructure psychologique leur est mis à disposition. Comme cette chaîne de fastfood à comme objectif marketing la petite enfance, de telles mesures entrent dans leurs objectifs. Ils ont aussi pour but de contrer les critiques qui sont toujours à nouveau exprimées quant à la santé, lorsqu’il est question de hamburgers et de frites, dévorés rapidement au coin d’une table. J’expose cette action positive afin d’expliquer le besoin essentiel, qu’est la charité. Nous revoilà à nouveau arrivé aux mendiants, qui hantent de plus en plus nos rues. Ils viennent souvent de pays situés à l’Est de notre continent, fuyant, comme c’est le cas des Roms, la ségrégation dont ils sont sujets dans leurs pays respectifs. On les condamne évidemment d’avance, lorsqu’il y des larcins. Ceux qui les condamnent et qui voudraient qu’on les expulse séance-tenante, ne veulent pas voir dans quelle situation ils se trouvent. Beaucoup d’entre-eux sont récupérés par une mafia qui les exploite encore plus. Ils sont perdants sur toute la ligne. On ne peut évidemment pas les comparer aux clochards, qui souvent refusent toutes mainmises extérieures, voulant leur imposer un certain style de vie. Puis dans tout cela il y a un phénomène assez récent, celui de la précarité des classes moyennes. Il s’avère que la chute dans la précarité est bien plus rapide qu’on peut le supposer. Souvent des gens d’âge moyen, vivant dans la peur constante d’être mis à l’écart un moment donné. Ils sont parfois atteint de borderline, ce qui est considéré par beaucoup comme une tare, non pas comme une maladie psychique qu’il n’est possible de soigner qu’en appliquant beaucoup d’empathie. Mais cela n’entre pas dans la logique impitoyable du rendement. Dans une société, où seule la réussite compte, il n’est pas possible d’attendre de la compassion de ceux qui se disent avoir les rennes en mains. Une telle interprétation de la vie est abjecte !

pm

https://www.nouvelobs.com/societe/20180125.OBS1239/la-repression-du-vagabond-ou-comment-on-inventa-le-delit-d-etre-pauvre.html

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