Une fois de plus je me pose la question si je dois éviter de me rendre en Autriche ? Lorsque je me rends en France, je dois passer par Bregenz, une ville située au bord du lac de Constance. Je m’étais fait pour règle d’éviter tous pays ayant des fascistes au sein de leur gouvernement. Je dérogerai cette fois-ci à cela, car je ne pense pas que ce soit la bonne méthode pour ramener une nation à nouveau sur la bonne voie. Je pourrais faire de même avec la Hongrie ou la Pologne, mais je crois qu’il serait plus efficace d’essayer de convaincre les gens que je rencontre, de corriger leur tir. Un boycotte ne ferait qu’envenimer encore plus la situation. Le jeune Sebastian Kurz sera-t-il en mesure de tenir tête à Hans-Christian Strache du FPÖ au cours de ces cinq prochaines années ? Avec ses 31 ans aura-t-il les moyens de s’imposer ? En ce qui concerne l’exclusion des immigrés, ils sont du même avis. Ainsi que de mettre la sécurité intérieure au premier plan du programme gouvernemental. Il s’agit avant tout d’une politique défensive qui a pour but de scinder la population entre les bons et les mauvais. Cela me donne des frissons. Mais lorsqu’on sait que contrairement à l’Allemagne occidentale, les méfaits du nazisme sont souvent passés sous silence, une telle évolution ne peut pas trop étonné. Ce pays alpin s’est fait passer pour une victime du régime hitlérien. Mais il suffit de revoir les films tournés en 1938 à l’occasion du Anschluss, et de l’accueil fait à Adolf Hitler à Vienne. La population ne me donnait pas l’impression d’avoir été occupée. Des centaines de milliers de personnes en liesse. Puis la chasse aux juifs qui s’ensuivit, ne fait pas penser à une occupation arbitraire. Il est aussi historiquement connu, que bien des Autrichiens, dont le Führer, occupaient des places de choix dans ce régime épouvantable.

Ce qui se passe actuellement en Autriche apporte la preuve que ses citoyens considèrent les affres du passé comme une dérive de l’histoire, pas beaucoup plus. Sebastian Kurz est trop jeune pour être sensibilisé outre mesure par les ombres que jette le populisme d’extrême-droite sur son pays. Pour cet opportuniste, qu’une chose comptait, arriver au pouvoir. Il faudra voir ces prochaines semaines si Hans-Christian Strache réussira de le mettre dans sa poche. Je pense que ce dernier ne devrait pas le sous-estimer. Ce sera le rôle du SPÖ et des Verts de dresser un rempart contre cette contamination brune. Que s’agirait-il de faire ? Le FPÖ, au temps de Haider, avait déjà participé quelques années à un gouvernement dirigé par les conservateurs. Les réactions ont été tout d’abord violentes, que ce soit dans le pays même ou à Bruxelles. Puis on s’est dit qu’il fallait procéder autrement, car le gouvernement d’alors n’avait pas été le fruit du hasard. Comme aujourd’hui il avait été élu démocratiquement. L’UE a bien fait pression mais elle a tout fait afin qu’il n’y ait pas rupture. C’est la raison pour laquelle je n’éviterai pas l’Autriche ces prochaines années, d’autant plus que le Voralberg, la province ou je passe, a donné au FPÖ un relatif mauvais score. Comme ce qui se passe en Pologne, il ne faudra pas isoler la population, parce qu’on mettrait l’opposition dans une mauvaise situation.

pm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/12/15/autriche-la-droite-et-l-extreme-droite-ont-conclu-un-accord-de-gouvernement_5230582_3214.html

Pierre Mathias

Schreibe einen Kommentar

Deine E-Mail-Adresse wird nicht veröffentlicht. Erforderliche Felder sind mit * markiert