Un commando de terroristes a attaqué la mosquée al-Rawdah, dans la ville de Bir al-Abd (40 kilomètres à l’ouest d’Al-Arich, capitale de la province du Nord-Sinaï), pendant la grande prière hebdomadaire. On déplore 235 morts et 500 blessés. Ce sont des adeptes du soufisme, des mystiques musulmans, qui sont les victimes. Ils sont souvent considérés comme appartenant à une secte et sont détestés par les djihadistes de Daech, qui les prennent pour des hérétiques. Il serait faux de vouloir comparer ce carnage avec les attentats qui ont lieu en Europe. Aurions-nous à faire à une guerre de religion ? Cette fois-ci la haine des terroristes ne se dirige pas contre les coptes, qui sont des chrétiens. Il s’agit ici de personnes appartenant à l’islam, ce qui donne un autre aspect à cette violence. Cela pourrait rappeler les distensions entre les chiites et les sunnites. Si on prend en considération les morts des guerres de religions, comme la guerre de Trente ans, il se passe ici un drame qui pourrait durer plus d’un siècle ou plus. Une fois de plus la preuve que la croyance rend les gens horriblement intolérants, les amenant à renier leurs écritures qui condamnent les crimes. Vous allez me faire remarquer avec raison, que ce sont aussi des questions stratégiques, économiques et politiques qui poussent ces terroristes à des actes d’une telle horreur. Il faut se dire que la ville, où a eu lieu cet attentat est à quelques kilomètres d’Israël. Un pays qui est en train de s’allier avec l’Arabie Saoudite pour combattre, probablement au Liban et en Syrie les chiites de tendance iranienne. Lorsque j’observe tout cela, il se pourrait bien que nous nous trouvions à l’époque de la tour de Babel, où des personnes de la même origine, commencent à se détester mutuellement. N’oublions jamais que les arabes et les juifs sont des sémites.

Au nom de quel Dieu, tous ces massacres ont-ils lieu ? La preuve que les hommes n’ont rien appris de l’histoire. Ce que nous vivons ici sont des querelles de clochers ou de minarets, qui ont un relent de vendetta. Ce qui se passe au Proche et au Moyen-orient est déconcertant à plus d’un titre. Qui peut se retrouver dans cet imbroglio ? Au cours de la guerre des paysans du temps de Luther, il n’en était pas autrement. Lorsqu’on assiste à tout cela, on ne peut que soutenir la laïcité. Je suis croyant, mais je ne veux pas qu’on mêle la religion au affaires de l’État, car cela se termine toujours mal. Que d’injustices a causé le dogmatisme. C’est lui le dénominateur commun des malheurs que nous avons vécu au 20ème siècle et actuellement. Il propage qu’une vérité, qui, si par malheur n’est pas celle des voisins, conduit immanquablement au génocide. Et ceci souvent sans raisons évidentes. Cela démontre à quel point la croyance est dénaturée. Si des criminelles de guerre comme Ratko Mladic disent avoir déclenché le massacre de Srebrenica au nom de la chrétienté en ordonnant de tuer 8000 bosniaques musulmans, c’est tout aussi immonde que l’attaque de cette mosquée, où les soufis prient tous les vendredis. Tout cela me fait penser au village, où j’ai été élevé près de Genève, où les protestants et les catholiques se faisaient grises mines. Ne serait-il pas temps que nous arrêtions de telles sornettes ? Ce serait mon cadeau de Noël !

pm

https://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20171124.OBS7793/235-morts-au-sinai-ce-que-l-on-sait-sur-le-pire-attentat-de-l-histoire-de-l-egypte.html

Pierre Mathias

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