„Nous engageons une baisse de l’impôt sur les sociétés et nous substituons un impôt sur la fortune immobilière à l’impôt de solidarité sur la fortune“ (ISF). Voilà ce qu’a déclaré Édouard Philippe sur RTL. À la remarques que ces mesures étaient un cadeau fait aux riches, le premier ministre a répondu qu’il fallait voir le budget dans son ensemble. Une fois de plus il a été assez vague. La raison pour laquelle je vais essayer de vous donner mon interprétation. Je suis aussi d’avis qu’il faille donner aux entreprises plus de souffle afin qu’elles puissent investir dans le futur, mener des actions commerciales à l’étranger, investir dans la recherche. Mais je ne donnerais pas de blanc-seing sans garanties. Pour qu’il y ait exonération fiscale, il faudrait qu’elles décrivent exactement quelles mesures elles veulent prendre. Il n’est pas acceptable de financer des maisons qui emploieraient l’argent économisé pour rationaliser la production au détriment des employés. Il faudrait pouvoir exiger un business-plan sur trois à cinq années pour pouvoir se faire une idée du plan d’entreprise. Je pense que cela serait tout à fait légitime. J’irais même un pas plus loin en accordant à des projets prometteurs des crédits avantageux. Le tout devrait être parfaitement imbriqué.

J’aurais aimé qu’Édouard Philippe explique aux citoyens quels pourraient être pour eux les avantages de la relance. Il y a certes l’espoir qu’avec un tel coup de fouet, il y ait création d’emplois. La réalité a été souvent différente. Avec l’apport de l’intelligence virtuelle et de l’emploi de robots, il est possible de réduire les effectifs. C’est ce qui nous guette. Il faut que toute aide de l’État soit étroitement liée à la baisse du chômage. Et si cela n’est pas possible pour des causes de concurrence, il faut imposer plus les machines remplaçant les ouvriers. Ceci pour assurer un plancher social. Je regrette que le premier ministre ait tellement de mal à mettre les cartes sur table. Il ne suffit pas de dire qu’on veut donner aux Français la possibilité de gagner correctement leur vie. Il faut leur donner la marche à suivre sans escamoter des réalités dues au progrès technologique. Comme je l’ai déjà évoqué précédemment, Édouard Philippe n’a probablement pas une main très heureuse lorsqu’il s’agit de communication. Sans pour autant remettre ses opinions en question, qu’on peut approuver ou non, il a le devoir d’aborder le peuple de France dans son ensemble et de ne pas oublier l’aspect social d’une politique économique. Il a une part très importante dans ce que je nommerais la relance. Elle ne peut qu’être réalisée, si tous les ingrédients sont bien dosés. Elle ne se fera pas d’une manière unilatérale, qu’on se le dise. Je ne comprends pas que le premier-ministre ne se pose pas la question après un début de pouvoir plus ou moins laborieux, ce qui flanche dans sa manière de procéder ? Il ne peut pas rester superficiel. Les citoyens sont en mesure de comprendre bien plus qu’il le suppose. Ils veulent, contrairement à ce qui s’est passé jusqu’à maintenant, être associés aux décisions. Et lorsqu’il y critique, il est du devoir des dirigeants d’y répondre d’une manière cohérente. Je regrette bien de telles pannes en tant que militant. Mais croyez-moi, on ne me clouera pas le bec !

pm

http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/40545-gouvernement-philippe-impots-edouard-philippe-abord.html

Pierre Mathias

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