En nationalisant pour un temps déterminé les chantiers navals CTX de Saint-Nazaire, Emmanuel Macron a posé un jalon d’une grande valeur pour l’avenir. Il a agi comme Barak Obama, qui en 2008, avait sauvé la GM en rachetant la majorité des parts. Quelques années après le gouvernement américain a pu les revendre en faisant un grand bénéfice, car l’entreprise a pu se restructurer et sortir ainsi de ses difficultés. Il a ainsi sauvé un géant du patrimoine industriel américain et du même coup des milliers d’emplois. En détenant 33% du capital à Saint-Nazaire, l’État avait un droit de rachat sur le reste des actions, c’est ce qu’il a fait aujourd’hui. D’abord dans la détermination de sauver une grande entreprise qui a une excellente réputation mondiale, ensuite pour assurer dans un premier temps les 7000 emplois. Le groupe italien Fincantieri a reçu une fin de non recevoir en ce qui concerne la reprise des chantiers. Je salue cette initiative d’Emmanuel Macron qui donne à ce groupe le temps de se retourner. Bruno le Maire, le ministre de l’économie, a bien précisé que ce serait une nationalisation à durée limitée, ce que je trouve bien. En Allemagne il s’est passé le contraire. La maison de robotique Kuka a été rachetée en 2016 par des investisseurs chinois et ceci au grand dam du gouvernement de Madame Merkel. Une entreprise qui développe de la technologie d’avenir, primordiale tant au point de vue économique que dans le cadre stratégique, a passé tout simplement à un pays concurrent qui n’hésite pas à faire du dumping pour gagner de nouveaux marchés. Elle n’a pas pu nationaliser cette entreprise, car cela aurait été une politique interventionniste, que nombre de cercles influents condamnent. À mon avis Angela Merkel et son ministre de l’économie d’alors, Sigmar Gabriel, auraient dû passer outre car les intérêts vitaux de la nation toute entière étaient en jeu. Et dans ce cas-là je trouve légitime de nationaliser pour un certain temps les maisons concernées.

Le président a marqué un signal pour l’Europe toute entière, celui de défendre à tout prix son patrimoine industriel et économique. Mais il est évident que ce genre d’opération n’est pas possible dans tous les domaines où des reprises hasardeuses sont envisagées. Le cas des aciéries de Florange, qu’Arnaud Montebourg voulait en son temps aussi nationaliser, est différent. Contrairement à la construction navale qui a repris du poil de la bête, la sidérurgie se trouve dans une situation des plus difficiles, du fait de la concurrence à très bas prix, comment pourrait-il être autrement, des Chinois. Il est clair, comme c’est le cas de tous repreneurs, qu’un business plan doit être fait afin de ne pas se retrouver dans le rouge. Il s’agit de deniers publics, que l’exécutif à le devoir de bien placer. Ce ne sera qu’au goutte à goutte que de telles opérations pourront être menées. Ce n’est qu’en jouant cartes sur table, qu’il sera possible de faire prospérer le pays. C’est aussi un avertissement à tous ceux qui pratiquent la délocalisation pour des raisons de profits sur le dos des travailleurs. Avec Saint-Nazaire, c’est ce qui aurait pu arriver. Cet exemple pourrait faire réfléchir certains requins qui pourrait se voir le bec dans l’eau.

pm

http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2017/07/27/l-etat-a-decide-de-nationaliser-les-chantiers-navals-stx-de-saint-nazaire_5165547_1656968.html

Pierre Mathias

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