Ce qui s’est passé avec Marine Le Pen sur le parking devant l’usine Whirkpool d’Amiens, est de la démagogie pure. Je trouve tout simplement peu honnête de faire des promesses à de pauvres employés qui se trouvent devant un licenciement brutal. Leur donner l’illusion que l’État pourra intervenir en reprenant la filiale ne correspond pas à la réalité. Ce serait un précédent qui pourrait se multiplier comme le miracle du pain et du poisson dans le Nouveau Testament. Cela reviendrait à dire que Paris devrait nationaliser à la tout va. Le futur président ou présidente ne peuvent pas se substituer à des chefs d’entreprise ou a des investisseurs, ce n’est pas leur rôle. Par contre un gouvernement peut intervenir pour trouver des acquéreurs et leur donner des conditions plus avantageuses du point vue fiscal par exemple. Il peut aussi veiller qu’un plan social soit amélioré et respecté. Ce qui a été dit devant les grilles de Whirlpool par la candidate peut être taxé de bavardage électoral. Je me souviens d’une attitude analogue de la part de Nicolas Sarkozy lorsqu’il voulut sauver une aciérie en Lorraine. Il a été forcé de faire marche-arrière, ceci aurait dû être évité. La délocalisation de l’industrie par esprit de profit est infâme, mais personne peut forcer une entreprise de ne pas la faire. Ce n’est pas par décrets que l’on arrangera les choses, au contraire. Et si Marine Le Pen passait outre, elle rebuterait un grand nombre d’investisseurs étrangers à vouloir placer de l’agent en France. Le risque serait trop grand et personne ne verrait la raison d’amener ainsi du travail dans l’hexagone. Elle forcerait plutôt le départ d’autres filiales, ce qui aurait des conséquences néfastes sur les chiffres du chômage.

On ne peut pas lui reprocher de percevoir le désespoir des salariés, mais le rôle du futur chef de l’État est de voir le problème dans son ensemble et de garder son sang-froid. De ce point vue-là, l’intervention était dommageable. Dans un ce contexte, une autre action de sauvetage me vient à l’esprit, qui finalement a été une pleine réussite. La chaîne des supermarchés Tengelmann en Allemagne se trouva il y a quelques mois devant la faillite. Pour sauver bien plus que dix milles emplois, il n’y avait qu’un seul moyen, vendre les grandes surfaces à Edeka, le leader de la vente de denrées alimentaires en République Fédérale. Rewe, le deuxième consortium, fit opposition en invoquant la question épineuse du monopole. Les négociations n’aboutirent à rien. Il était à craindre que des milliers de personnes se retrouvent sur le pavé. C’est-là qu’intervint Sigmar Gabriel, alors ministre de l’économie. Il arriva à imposer un compromis. Les deux géants de la distribution reprendraient chacun pour soi un nombre X de magasins. Cette action de sauvetage aboutit à un résultat plus que satisfaisant. Personne ne fut licencié. Cet exemple pour montrer jusqu’où peut aller la politique. Dans le cas de Whirpool l’influence de l’État français sur la maison-mère est limitée. Mais il doit veiller au grain et améliorer les conditions de reprise pour un intéressé. Il peut prendre à sa charge par exemple les mesures de formation-continue qui seront nécessaires pour assurer la pérennité de la nouvelle entreprise. L’exemple allemand devrait faire réfléchir.

pm

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/04/26/marine-le-pen-s-invite-dans-la-visite-d-emmanuel-macron-a-whirlpool_5117926_4854003.html

Pierre Mathias

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