Il y a des jours où les mauvaises nouvelles vous submergent complètement. L’une d’elle est l’affreux tremblement de terre qui touche l’Italie en détruisant des endroits entiers. Le patrimoine culturel est fortement touché. Heureusement qu’il n’y a pas eu cette fois-ci de morts ou de blessés graves. Afin de me libérer un peu des Trump, des Erdoğan réclamant la peine de mort ou de ce cher Monsieur Assad, je me permets de parler un peu de sexualité comme l’a fait Le Monde. Faut-il faire l’amour quand cela ne va pas ? Je me suis souvent posé la question. Comme il ne s’agit pas de joutes sportifs mais de sentiments intimes, je pense que le tout va au-delà des positions que le Kamasutra recommande. Il s’agit aussi de l’âme, à moins que ce ne soit qu’une rencontre fugitive. Il n’y a pas de challenge entre deux partenaires se connaissant de longue date, mais dans une société axée avant tout sur les performances, c’est malheureusement pas une chose commune. Les partenaires attendent des réactions fougueuses en signe d’amour. Souvent la subtilité est laissée au rencart. Cela dénature tous les sentiments, qui devraient être subtiles. Le fait de vouloir se profiler dans ce genre d’exercice démontre à quel point la sexualité est parfois mal comprise. C’est une communion entre deux être qui ont plus à se dire qu’une pénétration prématurée. Je considère l’intimité dans les temps qui courent comme étant un refuge face à toutes les mauvaises nouvelles qui nous assaillent. Mais il faut admettre que les soucis influencent notre comportement mutuel. Il n’est pas étonnant que dans bien des cas il y a des pannes en ce qui concerne l’amour. Le considérer comme une soupape de sécurité est probablement la mauvaise option. Il en va bien plus de la sublimation d’un quotidien que nous avons de plus en plus de mal à supporter.

Je veux aussi aborder un sujet qui pour beaucoup est tabou, celui des relations sexuelles chez les seniors. Notre société vieilli de plus en plus. Une mise en veilleuse des sentiments est du poison, autant pour le physique que pour l’esprit. Les gériatres sont de l’avis que l’aspect ludique ne doit en aucun cas être négligé. Il en va des personnes mais aussi de la société, pour qui la vieillesse pose de gros problèmes. Comment assumer à l’avenir un nombre grandissant de personnes âgées ? Tout handicapé coûte très cher, d’autant plus que les espérances de vie augmentent de plus en plus. C’est dire à quel point la mobilité doit être sauvegardée. La sexualité est un atout de poids en ce qui concerne la santé. C’est la raison pour laquelle les thérapeutes cherchent à l’encourager. Une chose est claire, ce n’est pas l’âge qui chasse l’envie, au contraire. Peu importe si elle fonctionne physiquement ou non, il en va tout d’abord de la proximité, des échanges tactiles. Et à cet âge il n’y a plus rien à prouver. C’est pourquoi la qualité de ces rapports peut être élevée. Voilà ce qui me vient à la tête lorsque je ressens un ras-le-bol. L’impression que nous nous trouvons au bord du précipice dans les domaines politique, économique et social, devrait nous inciter à nous rapprocher. Ce n’est que dans une union plus étroite que nous pourrons éviter de tomber dans une dépression.

pm

http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2016/10/30/faire-l-amour-quand-ca-ne-va-pas_5022643_4497916.html

Pierre Mathias

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