L’affreux attentat à la bombe-piégée à Bagdad a fait au moins 119 morts. Il a été revendiqué par l’EI, qui subit en ce moment des revers militaires en Irak. Cette tuerie s’est passée dans un quartier chiite de la capitale. Pour les fanatiques sunnites, ces musulmans de tendance iranienne, ne sont que des renégats qu’il s’agit d’anéantir. Je me suis donné beaucoup de mal en essayant de séparer la religion et la politique en ce qui concerne ce gendre de fanatisme, mais je suis maintenant obligé de reconnaître que ce n’est pas toujours possible. Lorsque les dogmes sont de la partie, il faut s’attendre au pire. L’histoire a laissé derrière nous une coulée de sang, qu’on ne peut pas ignorer. Que ce soit l’inquisition ou les guerres dues à la réforme, les hommes se sont crus obligés de lutter au nom de Dieu. Ils croient que c’est eux qui détiennent la vérité et qu’ils sont habilités à commettre des meurtres, qu’ils ont la bénédiction divine. Chaque fois que la religion s’en mêle, ce n’est que misère, comme ce qui s’est passé dans un quartier populaire de Bagdad. L’EI a voulu marquer un signe de sa suprématie lorsqu’il s’agit de tuer lâchement des innocents. Il est aisé de manipuler la parole sainte et de la déformer en sa faveur. Quels que soient les motifs, la croyance peut être un excellent vecteur pour inciter des hommes et de femmes de mettre à feu et sang tout ce qui peut se trouver sur leur passage. Au nom d’Allah des terroristes sont prêts à se sacrifier, comme ils le disent. La vie n’a plus d’importance pour eux, que la perspective erronée d’un paradis qui les accueillerait soi-disant.

Lorsque Marx écrivait que la religion pouvait être l’opium du peuple, il n’a pas tout à fait tort. Comme croyant je dois admettre que les écritures saintes peuvent être interprétées d’une manière négative. Tout ce que les adeptes de l’EI font dire au prophète, est un déni complet du Coran. Les imams les soutenant, extirpent des versets, qui lorsqu’on les isole de leur contexte, peuvent paraître martiaux. Ils oublient que ces derniers ne peuvent qu’être interprétés dans leur ensemble. Ces manipulateurs n’ont qu’une idée en tête : être des simplificateurs. Et c’est là que le bat blesse. Ils s’adressent en particulier à des gens en rupture d’identité. Sans leur dévoiler le message d’humanité de l’écriture sainte, ils en restent à des citations vengeresses. Ils évitent de citer les passages du Coran où il est question des autres religions monothéistes comme le judaïsme et la chrétienté. Moïse y est considéré au même titre que Jésus comme un prophète Ils font partie d’un tout. En lisant ces versets, toutes formes de prosélytisme devraient être bannies. Aussi toute violence ! On est toujours étonné des marques de tolérance que Mahomet exige de ses fidèles. Mais il faut aussi avouer que le texte est parfois contradictoire, comme c’est aussi le cas de l’Ancien Testament. Contrairement à l’évangile, les interprétations peuvent être différentes. Le lecteur s’aperçoit rapidement que la base même de l’islam repose en fait sur les dix commandements. Et si on les interprète correctement, il est défendu de tuer. Par contre pas de lutter contre les incroyants. Cela donne lieu à des interprétations différentes comme on a pu le constater hier à Bagdad.

pm

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/07/03/au-moins-75-morts-dans-un-attentat-a-bagdad-revendique-par-l-ei_4962775_3218.html

Pierre Mathias

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