Marisol Touraine, la ministre de la santé, a présenté un plan d’économies concernant les hôpitaux. Plus de 3 milliards jusqu’en 2017. La masse salariale est chiffrée à 860 millions d’euros, cela correspond à 22.000 postes en moins, soit une réduction de 2% des effectifs actuels. Pour obtenir la somme souhaitée, il est prévu de mettre en place une meilleure coordination entre les établissements, de centraliser les achats pour obtenir des prix plus avantageux et d’encourager la chirurgie ambulatoire. Ce dernier poste permettrait à lui seul de réduire les coûts de 400 millions.

Pourquoi en est-on arrivé là ? Le vieillissement de la population a provoqué une hausse considérable des dépenses de la santé. L’argent manque de tous les côtés. Il va sans dire que de telles mesures n’amélioreront pas la qualité des soins. La plupart des patients ont besoin d’une présence régulière qui sera impossible à maintenir. Il va sans dire qu’il sera impératif de fermer des hôpitaux. La médecine de proximité en prendra un sacré coup. Je suis parfaitement conscient que dans un contexte tendu, tout le monde doit participer aux efforts pour remettre le pays sur les rails, mais dans ce cas-là on touche à un droit élémentaire, celui de garantir à tout individu les soins dont-il a besoin. Cela ne pourra plus être le cas partout. Je pense en particulier à la population rurale. Par rapport aux citadins elle est désavantagée. La disparité qui existe déjà maintenant grandira. Cela est inquiétant ! Il est évidant qu’il faudra centraliser bien des services. Un hôpital ne pourra plus couvrir à lui seul toutes les thérapies. De nouveaux centres spécialisés devront être créés. Cela sonnera le glas des soins individuels. Lorsqu’on sait qu’un grand nombre de maladies sont d’origine psychosomatique, il y a de quoi être alarmé. L’homme ne peut pas être comparé à une machine où le remplacement de pièces détachées suffit pour la remettre en marche. Il a besoin d’empathie. Qui parle de réduction budgétaire, ne peut pas ignorer que le temps imparti pour chaque patient sera de plus en plus limité. Le personnel hospitalier n’arrive plus à garantir une qualité des soins car un grand nombre de postes sont passés à la trappe ! De réduire encore plus les effectifs ne peut que déclencher une paralysie complète de tout l’appareil. Lorsque Marisol Touraine parle de ne pas effectuer des coupes budgétaires et de ne pas effectuer des licenciements, je ne vois pas comment elle veut atteindre son but. Réduire l’augmentation des dépenses ne peut pas être menée à bien sans sacrifices humains ! Ce qu’elle veut nous faire croire est un leurre. Au bout du compte il faudra serrer le cordon de la bourse. Les postes vacants ne pourront plus être tous remplacés. Il sera exigé que tous ceux qui resteront, seront obligé de travailler encore plus et ceci pour un salaire plus que modeste. Une fois de plus ce seront des gens dévoués qui paieront la casse. Et pourtant il y a moyen de faire des économies, en particulier dans le domaine des médicaments. Lorsqu’on sort de la pharmacie avec un nombre dément de pilules qui passeront à la poubelle, il a de quoi être songeur ! Mais personnes ne veut toucher à la vache sacrée qui porte le nom « industrie pharmaceutique » ! Pour cause, c’est là qu’il y le plus de pognon à gagner !

pm

http://www.lemonde.fr/sante/article/2015/02/28/comment-les-hopitaux-vont-devoir-economiser-3-milliards_4585324_1651302.html

Pierre Mathias

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