Les plus de 20 ans ont parait-il du mal à devenir adultes. Au lieu d’être conformistes comme la tradition le voudrait, ils s’acharnent à rester jeunes, à continuer à faire la fête et surtout à ne pas imiter leurs parents. Ils ne veulent pas prendre de responsabilités. Si c’était le cas, comme je me permets d’en douter, il serait opportun d’aller au fond des choses. Chaque homme veut avoir des repères auxquels il peut se référer. Il veut être rassuré. Mais dans le monde dans lequel nous vivons, la famille est souvent dépassée par les événements. N’oublions pas que près de la moitié des couples se séparent et que les enfants en sont les principales victimes. Quand tout part à la débandade comment exiger d’eux de respecter les conventions ? Lorsque tout est mouvant, l’esprit a du mal se former, a trouver sa maturité. Il n’est pas étonnant que bien des jeunes cherchent un refuge dans l’enfance, même si elle a été mal vécue. Le sentiment de vouloir être protégé prime, même si c’est une utopie. Mais il y a aussi une autre raison. Créer une famille à l’heure actuelle n’est pas de tout repos. Il y a d’abord l’insécurité financière. Même pour tous ceux qui ont un boulot, ce n’est pas une assurance-vie. La dite mobilité que nous observons est pour beaucoup d’entre-nous un facteur angoissant. Comment prendre des responsabilités quand on ne sait pas ce que sera le lendemain ? Se jeter à l’eau est devenu un problème, parce que bien des jeunes n’ont plus le goût du risque. Le matérialisme a fait d’eux des êtres vulnérables. Ils le ressentent bien. Vient s’ajouter à cela des conflits à pertes de vue, que ce soit du domaine social ou politique. Quel avenir donner à ses enfants dans un tel contexte ? Est-ce raisonnable de mettre au monde une progéniture dont l’avenir pourrait être perturbé dès le début ? Les gens de ma génération se sont aussi posés de telles questions, mais peut-être étions-nous plus inconscients. La vie prenait ses droits pour le meilleur et pour le pire. Peut-être est-ce un signe de perspicacité de vouloir trouver refuge dans des chimères, celles d’une jeunesse éternelle ? De vouloir écarter tout ce qui pourrait ressembler à une tourmente ? Je ne pense pas que les personnes concernées le font par inclination, plutôt par manque de motivation. Si c’était vraiment le cas, ma génération porte une sacrée responsabilité. Avons-nous su transmettre des valeurs qui constituent le fondement même de la société ? Les mesures nécessaires n’ont pas été prises parce que l’égoïsme prévalait. Ne surtout pas mettre en question son petit luxe personnel. Tant que le moteur ne calait pas, il était difficile d’en mesurer les conséquences. Maintenant, en temps de crise, c’est différent. Cette forme d’existence pourrait être un cri de désespoir, un appel à plus de chaleur, d’amour et de compréhension.

pm

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/12/27/la-jeunesse-actuelle-a-t-elle-envie-de-devenir-adulte/

Pierre Mathias

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