7,2 % des Français âgés de 18 à 75 ans ont déjà essayé de mettre fin à leurs jours, un chiffre élevé. Je pourrais l’étayer avec d’autres statistiques, mais je ne veux pas le faire, afin de me concentrer exclusivement sur le pourquoi d’un tel phénomène. Beaucoup d’entre-nous auraient tendance à vouloir en trouver les raisons dans le cadre d’un certain pragmatisme. Je pense au contraire, qu’il vaudrait mieux laissez tomber les à-priori et s’attaquer exclusivement aux peurs que peuvent nous procurer la vie. Elle n’en est pas dépourvue, au contraire. Il faut en avoir de la force, afin de l’affronter chaque jour à nouveau. Il est vrai que c’est en particulier les êtres-humains qui se mettent en travers en créant sans arrêt de nouvelles règles, qui ne correspondent pas à nos capacités vitales. Il n’y a qu’à prendre les exigences des écoles à l’encontre des petits, qui en peu de temps détruisent chez eux leur spontanéité, qui en font des moutons. Depuis le plus jeune âge la question du pouvoir joue malheureusement un rôle essentiel. Si les pédagogues avaient la liberté de « laisser faire », les résultats pourraient être meilleurs, sans pour autant négliger les capacités intellectuels des gosses. C’est ce qui se passe à l’école libre, où est scolarisé mon petit-fils. Je ne dis pas qu’une certaine pression n’est pas indispensable, mais elle devrait toujours venir de soi-même, non pas de l’extérieur. Nous sommes tous victimes d’un style de vie qui ne nous sied pas, reconnaissons-le ! La course incessante que nous nous imposons est du poison. Il est serait à mes yeux indispensable de remettre l’échelle des valeurs en question, se poser la question ce qu’elles peuvent nous apporter ou non. Malgré ma conviction que cela pourrait couper l’herbe sous les pieds des candidats au suicide, je ne pense pas que les chiffres seraient bien différents que cela est le cas aujourd’hui. Je pars du principe que chacun d’entre-nous porte la mort en soi et qu’elle incite toujours à nouveau à mettre fin à ses jours.

Les tentatives de suicide ne sont pas toujours explicables. Elles font aussi partie de l’irrationnelle, d’un certain mal-être qui ne peut pas être dissipé avec des mesures concrètes. La peur nous accompagne depuis la nuit des temps. La chasse, un des moyens de survie, a été une charge obsessionnelle. De même les luttes fratricides qui dès début ont tout faussé. Au lieu de faire cause-commune en ce qui concerne notre nourriture, nos ancêtres se sont laissés aller à des altercations afin de régler les problèmes des chasses-gardées. Dans le suicide, le problème de l’incertitude joue un rôle de taille. En voulant constamment pratiquer le sauve-qui-peut, nous nous apercevons que toutes formes d’activisme ne sert pas à grand-chose. Qui porte le blues en soi, devrait l’accepter, le considérer comme un élément essentiel de sa propre personnalité. Que veux-je dire ? À moins d’un chagrin ou d’un harcèlement psychologique au travail ou chez soi, il est difficile d’empêcher le suicide. Malgré des soins psychiatriques de toutes sortes, il est des plus ardu de vouloir l’éviter. Cela n’est souvent pas une question de bon-sens, plutôt un réflexe inné contre lequel nous sommes impuissants. Je pense que la meilleures prévention est de l’accepter tel qu’il est, une tentative échappatoire, ce qui est parfaitement légitime !

pm

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/05/suicide-7-2-des-francais-ages-de-18-a-75-ans-ont-deja-tente-de-mettre-fin-a-leurs-jours_5419239_3224.html

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